| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 24-03-2008 23:00
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Moins médiatique que l’Irak, la guerre en Afghanistan fait pourtant rage depuis 6 ans et la chute des talibans. La France y est engagée aux côtés de l’OTAN. Elle va même augmenter ses troupes d’environ 1.000 soldats Un soldat français patrouille dans Kaboul, la capitale afghane, le 20 février 2008 (photo AFP)
Encore moins médiatisée que toute autre guerre, celle que l’OTAN livre en Afghanistan face aux talibans n’en a pas moins les caractéristiques sanglantes. 40 combattants liés aux anciens maîtres de l’Afghanistan -chassés du pouvoir il y a 6 ans- ont été tués samedi, au cours d’âpres combats. Vendredi, deux membres de la coalition internationale sous commandement américain trouvaient la mort dans l’explosion de leur véhicule, sur une mine, dans la province de Kandahar. Dans cette région du globe très montagneuse qu’est l’Afghanistan, difficile de savoir ce qui s’y passe pour le grand public. Mais la France est bel et bien partie prenante dans ce conflit tu par les médias. Elle y est engagée militairement depuis 2002, aux côtés des Etats-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et des Pays-Bas. Forte de 1.500 hommes principalement basés à Kaboul -1.900 en comptant ceux au Tadjikistan voisin, la France compte envoyer 1.000 soldats de plus prochainement. Il s’agira d’environ 700 parachutistes, de 200 membres des forces spéciales, et d’un personnel chargé d’encadrer et de former l’armée afghane. Qui peut le plus peut le mieux La France a peu à peu été mise à l’écart des combats sous l’égide de Jacques Chirac, pour faire avant tout du travail de renseignement et de soutien logistique. Les forces spéciales avaient même été rapatriées fin 2006. Par contre, l’aviation française n’a jamais cessé son activité : 20 bombes étaient larguées par mois pendant le second semestre 2007. Les zones les plus dangereuses demeurent le sud et l’est du pays, le long de la frontière pakistanaise, où les talibans trouvent refuge entre chaque assaut. Il est d’autant plus important d’y être en force avec la fin de l’hiver. Les combattants islamistes harcèlent de nouveau les villages et les affrontements s’intensifient. Le sud-ouest de l’Afghanistan est durement disputé pour ses champs de pavot et de cannabis à perte de vue, une manne financière vitale pour les talibans. Ce n’est donc pas une guerre "massive" mais de gagne terrain, dans laquelle chaque homme engagé compte. La menace du Canada de retirer ses 2.500 soldats après 2009, si au moins 1.000 soldats étrangers n’étaient pas annoncés en renfort, a sûrement joué dans la décision de Nicolas Sarkozy. C’est en tout cas à ce prix qu’on mène une politique de rapprochement avec L’OTAN. Cette annonce devrait être officialisée lors du sommet de l’organisation, du 2 au 4 avril à Bucarest. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mardi 25 mars 2008 En savoir plus Libération - Paris va muscler ses forces en Aghanistan Le Monde - Dans les villages afghans, talibans et forces de l'OTAN en quête de légitimité Le Figaro - L'Occident et l'Afghanistan : l'analyse de Renaud Girard
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