| Ecrit par Vincent de Longueville (lesechos.fr),
le 23-03-2008 23:00
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Le gouvernement va adapter sa prévision de croissance à la nouvelle donne économique mondiale. Mais, en dépit de perspectives moins bonnes en matière d'emploi et de pouvoir d'achat, Bercy et l'Insee voient l'économie résister au premier semestre Maintenant que les municipales sont passées, le gouvernement s'est rendu hier à l'évidence : en 2008, l'économie française sera plus affectée que prévu par le ralentissement de l'économie mondiale. Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, a annoncé que Bercy allait, d'ici à la mi-avril, ajuster à la baisse sa prévision de croissance, pour tenir compte des fortes et récentes appréciations de l'euro et du pétrole. Jusqu'à présent, la prévision officielle, celle associée au budget 2008, était une fourchette de 2 % à 2,5 %. Elle avait été bâtie à partir d'un euro à 1,35 dollar et un baril de pétrole à 75 dollars. En fait, Bercy se calait, déjà, sur le bas de cette fourchette. Des réévaluations en cours à la Direction générale du Trésor et de la politique économique devraient conduire à présenter à la Commission économique de la nation, mi-avril, une nouvelle fourchette au-dessous de 2 %. Mais la révision sera limitée, en tout cas pas de même ampleur que celle opérée par le Royaume-Uni ou l'Allemagne. Car, pour Christine Lagarde, si le choc est plus marqué que prévu, l'économie française apparaît « plutôt plus solide et plus résistante » que ses voisines européennes. C'est, aussi, le message de l'Insee, qui publie aujourd'hui sa note de conjoncture de printemps. L'institut prévoit désormais une croissance de 0,4 % au premier trimestre 2008 et de 0,3 %,un dixième de point au-dessous de ce qu'il escomptait en décembre. La croissance acquise à la fin du premier semestre - celle de l'année dans l'hypothèse d'une croissance nulle au second semestre - serait de 1,4 %. C'est moins que la prévision de décembre (1,7 %). Aucune chance d'atteindre 2 % L'Insee écarte ainsi implicitement toute chance d'atteindre 2 % sur l'année, ce qui nécessiterait de faire 0,8 % de croissance au troisième puis au quatrième trimestre. Peu probable compte tenu de l'ampleur du choc externe. « Le fait majeur qui explique le ralentissement français est le fléchissement de l'activité mondiale », souligne Pierre-Olivier Beffy, chef de la division synthèse conjoncturelle. Essentiellement importée, l'inflation devrait atteindre 3 % en glissement annuel à fin juin, sous l'effet de la diffusion à l'économie de la hausse passée des prix du pétrole et des produits alimentaires. Energie et produits alimentaires devraient représenter plus de la moitié de l'inflation entre juillet 2007 et juin 2008. L'Insee précise qu'un baril à 105 dollars au deuxième trimestre amputerait la croissance de 0,1 point sur la période. Quant au niveau de l'euro par rapport au dollar, il fait peser, insiste l'Insee, une contrainte supplémentaire sur un commerce extérieur déjà déficient, lequel devrait encore contribuer négativement à la croissance au deuxième trimestre, après avoir été neutre au premier. Cette année, l'économie française ne pourra, une fois de plus, compter que sur ses moteurs internes. Cela malgré des prévisions moins dynamiques de créations d'emplois - 96.000 prévues tout de même sur les six premiers mois -, plus sombres en matière de chômage - dont la baisse s'interromprait au premier semestre - et, surtout, de pouvoir d'achat. L'Insee voit, en effet, la consommation des ménages tenir bon encore sur la première partie de l'année, soutenue par une mobilisation de l'épargne. « La consommation résisterait au ralentissement marqué du pouvoir d'achat des ménages », analyse l'Insee. Un marché immobilier solide Finalement, résume Eric Dubois, chef du département de la conjoncture, « pour l'instant, non seulement l'économie française ne s'effondre pas, mais elle résiste plutôt bien ». Elle le doit, en bonne partie, à la relative solidité de son marché immobilier, qui, à l'inverse de ce qui se passe par exemple au Royaume-Uni ou en Espagne, ne se retourne pas. Vincent de Longueville, de notre partenaire www.lesechos.fr 24 mars 2008
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