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ROMAN - Anna Gavalda entre fraise Tagada et mère Térésa |
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| Ecrit par Betty RUBY,
le 20-03-2008 23:00
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Après avoir attendu 4 ans, les millions d’amateurs d’Ensemble c’est tout peuvent se ruer en toute quiétude sur La Consolante. En mélangeant tous les genres dans son nouveau pavé de 600 pages, Anna Gavalda décrit des personnages à l’humanité plus immense encore que les drames qu’ils traversent
Anna Gavalda peut tranquillement lever les yeux au ciel : son 4e roman va encore faire des émules ! (photo Le dilettante) Il faut se plonger dans le nouveau Gavalda avec la même joie avide que dans un énorme paquet de fraises Tagada. Car pendant toute la première partie de La consolante, on va avoir besoin de ces rouges sucreries pour survivre à la tourbillonnesque descente aux enfers de Charles Balanda. Pour son quatrième roman, Gavalda ne ménage ni la dépression de son héros, ni la manière d'en rendre compte. Lorsque l’architecte reconnu apprend vaguement par hasard la mort d’une ancienne voisine dont la présence avait guidé son enfance, le bel édifice s'effrite après 47 ans de bons et loyaux services. L’homme, à terre, continue de voyager dans les airs et d'avancer, mais en arabesques. Et c’est ici qu’Anna Gavalda s’éclate : en ne respectant aucun mode narratif et en les mélangeant tous. Parfois son narrateur dit "je" parfois c’est "il" qui parle, parfois on file vers le point de vue de personnages secondaires et parfois encore c’est l'auteur qui intervient en prenant directement le lecteur à témoin. Gavalda écrit comme elle pense : en parlant. Et c'est la raison pour laquelle on la lit comme une gourmandise.
Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour A un moment pourtant, à force de tourner en rond et de revenir sur des micros souvenirs, les élancements de Charles Balanda commencent à lasser. "Dis donc, Balanda, tu nous fatigues avec ton charabia, là… Ta super intelligence, tes citations en VO, ta rigueur (…) et tout le bazar, tu sais qu’on échangerait bien toute cette quincaillerie contre une phrase qui tient debout, nous ?" On est page 300. Il reste la moitié du chemin à parcourir… Et la meilleure ! Celle où Gavalda se transforme en mère Térésa, en faisant se croiser le destin de Charles avec celui de Kate, sa campagne, ses animaux et ses mômes. Et ses autres raisons de prendre le désespoir avec un humour tout british. Il y a dans la galerie de personnages que Gavalda dessine, la même affection, la même générosité humaine que dans ceux d’Ensemble c’est tout. Tant ils sont excessifs en tout, ses gens ne peuvent pas exister. Pourtant, après les avoir lus, on pense les connaître depuis toujours et faire partie de leur famille. Comment concevoir après un tel roman qu'Anouk, Nounou ou Mathilde par exemple ne sont que des personnages de fiction ? Betty RUBY. (www.lepetitjournal.com) vendredi 21 mars 2008
La consolante, Anna Gavalda, Le dilettante, 637 p, 25 €
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