| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 20-03-2008 00:00
|
|
Il y a tout juste cinq ans débutait l’invasion américaine en Irak, chassant du pouvoir Saddam Hussein. Depuis, les tensions ethno-communautaires ont remplacé la dictature. Et, les Etats-Unis se sont empêtrés dans un véritable bourbier, extrêmement coûteux en vie et en argent Le 20 mars 2003 débutait l'opération "Liberté de Irak" avec 190.000 GI et 60.000 Britanniques. Cinq ans plus tard... (photo AFP)
Les cinq ans de l’invasion américaine en Irak, qui a chassé du pouvoir Saddam Hussein n’auront pas été marqués par la sérénité. Une conférence de réconciliation nationale s’est achevée hier sans progrès notable. A part la condamnation du terrorisme et l’appel lancé au gouvernement à redoubler d’efforts pour forger l’unité du pays, la réunion -deuxième de ce type- a surtout été boycottée par le mouvement radical chiite mené par Moqtada Sadr et le principal groupe parlementaire sunnite, le Front de la Concorde. Il faut dire que si l’Irak s'est débarrassé d'un régime de terreur avec la chute du Reis, il n’en a pas fini pour autant avec la peur permanente des attentats terroristes et des tensions exacerbées entre les communautés chiite, sunnite et kurde. Les trois groupes se partagent le pouvoir, mais les sunnites accusent les chiites, communauté majoritaire mais martyrisée sous le régime de Hussein, de vouloir se l’accaparer. Au moins 400.000 Irakiens tués Du côté américain, le rêve de démocratie pour l’Irak est terminé. Les Etats-Unis se retrouvent dans l'impasse. Sans la possibilité de se retirer, à cause du risque de laisser couler un bain de sang, et sans la légitimité de rester quand la majorité de la population est contre eux. Pire, ils se déchirent sur la stratégie à adopter. Terrain de bataille : la campagne présidentielle. Le candidat républicain -et les électeurs semblent lui avoir donné raison- prône la méthode "on ne lâche rien". Les démocrates eux hésitent. Barack Obama parle d’un retrait total des troupes 16 mois après son élection. Hillary Clinton, plus défaitiste, évoquait l’impossibilité pour les USA de remporter cette guerre. Car les Américains parlent bien d’une guerre à présent. Le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, jugeait l’année dernière qu’environ 30.000 hommes pouvaient être renvoyés au pays d’ici l’été 2008. Aujourd’hui inquiet de la recrudescence des violences depuis deux mois, le militaire à la tête de 155.000 hommes et femmes, insiste sur la nécessité de conserver un contingent de 135.000 soldats au moins, jusqu’à la fin de l’année voire au-delà. L’espoir de paix est sapé par la mort qui rôde continuellement : 4.000 soldats américains ont été tués, 29.000 blessés, et l'Organisation mondiale de la santé dénombre au moins 400.000 morts irakiens. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 20 mars 2008 En savoir plus Le JDD - Irak : "La même erreur qu'en Afghanistan" Le Monde - Cinq ans de guerre en Irak : l'impasse, par Patrice Claude Le Figaro - Irak, l'interminable guerre (2003-2008)
|