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INTERVIEW - Eric-Normand Thibeault (OIF) : "Nous réfléchissons à comment se recentrer."

Ecrit par LPJ Bucarest, le 20-03-2008 00:00

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Pour la journée internationale de la francophonie, qui a lieu aujourd’hui, Lepetitjournal donne la parole à Eric-Normand Thibeault, le coordonateur des programmes de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) en Europe centrale et orientale. Il fait le point sur les activités de la Roumanie pour la francophonie et annonce les grands chantiers de l’organisation

Lepetitjournal.com : La Roumanie a passé la présidence de l’Organisation internationale de la francophonie au Canada en novembre dernier. Quel est votre bilan de cette année et demi de présidence roumaine ?
Eric-Normand Thibeault : La Roumanie a été très active dans les programmes de la francophonie. Il y a eu tout d’abord la volonté de mettre en place la bourse universitaire Eugène Ionesco pour les étudiants étrangers qui veulent venir en Roumanie, et aujourd’hui ils sont environ 40.000. Pendant longtemps, la Roumanie a été un pays de transition pour ceux qui voulaient aller à l’Ouest. Maintenant, ça change. Les étrangers viennent également travailler et s’installent. Un an et demi après le sommet (de la francophonie, Bucarest-septembre 2006, ndlr), on a mis en place de nouveaux programmes comme celui des postes volontaires, qui permet aux Roumains de partir à l’étranger pour renforcer les activités liées à la francophonie. C’est un programme pilote. A l’heure actuelle, environ 2000 fonctionnaires roumains suivent des cours de français. Cela prouve que le gouvernement s’implique. Mais ce processus, cette évolution a débuté dès 2004 et pas seulement depuis la présidence de l’OIF de la Roumanie.

Qu’est-ce qui va marquer la Journée de la francophonie cette année ?
Chaque année, c’est différent. C’est surtout la société civile qui est très active. Personnellement je ne suis pas au courant de tous les évènements qui sont programmés, je pense qu’il y en a plus de 200 dans tout le pays : des expositions, des concours, des débats, des concerts, des spectacles... L’OIF appuie et collabore avec certaines de ces actions, mais on laisse carte blanche  aux organisateurs, et puis on ne peut pas financer tous les projets. Ce jeudi, rien qu'à Bucarest, il y a une trentaine de conférences simultanées. Il y a eu aussi un festival du film francophone la semaine dernière. Il y a tellement de choses que ça déborde, tout ne peut pas être fait pour la seule journée de la francophonie. En fait, c’est comme si c’était notre anniversaire et que l’on se laissait fêter.

Où en est l’apprentissage du français en Roumanie ?
Je dirai que la tendance est à la baisse en ce qui concerne le français comme première langue étrangère. Pendant plus de 50 ans, le français était loin devant en Roumanie. Dans les années 90, on peut dire qu’elle était ex-aequo avec l’anglais. Depuis, ça diminue. En 1994 un peu plus de 2 millions d'élèves roumains apprenaient le français. Aujourd’hui, on est à 1,8 million. En revanche, on est à la première place comme deuxième langue étrangère. C’est même un phénomène mondial. La suite ? en étant optimiste, je pense que l’apprentissage de la langue française va se stabiliser à 1,5 million d'élèves en Roumanie.

Quels sont les grands chantiers de la francophonie dans les années à venir ?
En 2009, on va arriver à la fin de notre programmation quadriennale. Et on se pose beaucoup de questions. Il existe une grande volonté de laisser les pans où l’on est insignifiant. Aujourd’hui, on agit surtout dans quatre secteurs : la culture, l’éducation, et ce qui touche aux droits de l’Homme et à la paix. Nous réfléchissons à comment se recentrer pour être plus efficace. On réfléchit aussi à la question de l’ouverture de l’OIF. Jusqu'où doit-on aller ? Certains pays sont réticents à l’agrandissement de l’organisation, d’autres y sont favorables. C’est très certainement l’un des points qui sera débattu à Québec en novembre prochain. En ce qui concerne la région, on va travailler sur le CREFECO (Centre régional francophone pour l’Europe centrale et orientale) qui est basé à Sofia et ouvrir des formations professionnelles dans chaque pays de la région. En Roumanie, on va très prochainement inaugurer une section hôtellerie tourisme à Constanta. Propos recueillis par Jonas Mercier - Photo : J.M. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) Jeudi 20 mars 2008

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