| Ecrit par Nora Dardir,
le 20-03-2008 00:00
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Peut-on distinguer la liberté d'opinion et le respect des rites, des coutumes, des convictions et de la religion de l’autre ? En 2005, le quotidien danois Jyllands-Posten a publié, sous le titre "Les visages de Mohamed", 12 dessins caricaturaux Panneaux annonçant le boycottage des produits danois chez Spinneys (photo LPJ Caire)
L’une des caricatures publiées par le quotidien danois Jyllands-Posten, en 2005, montrait la tête du Prophète surmontée d’un turban en forme de bombe et à la mèche allumée. Des réactions à la fois diplomatiques et violentes s’en sont suivies. Plusieurs pays arabes ont procédé au boycottage des produits du Danemark et de la Norvège, qui a republié les caricatures en signe de solidarité au caricaturiste, récemment cible d’une tentative d’assassinat déjouée. La republication de ces caricatures a provoqué un tollé au sein de la société musulmane et relancé le boycott des produits et marchandises danois. Des affiches sont collées dans les supermarchés, annonçant la levée des produits danois pour boycottage et dans les Magasins Metro pour avertir les gens du code et de la liste de ces produits.
Où s'arrête la liberté d'expression ? "Nous devons toutes, en tant que musulmanes, défendre notre prophète et boycotter les produits de ces pays qui ont osé publier ces dessins", a crié une étudiante de 19 ans dans le métro, en montrant avec la main une liste des produits à éviter. Une autre femme de 30 ans a souligné que "l'Europe, qui prône la liberté et la démocratie, n’a pas respecté la liberté de culte des Musulmans. Quelle contradiction !" A l’issue de la réunion annuelle du comité mixte, formé par le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et le comité équivalent de l’Université d’Al Azhar, la commission islamo-chrétienne a condamné au Caire la republication des caricatures et l'augmentation du nombre des attaques contre l’Islam et son prophète, ainsi que d’autres attaques antireligieuses. Le secrétaire général de l’OCI, Ekmeleddin Ihsanglu, a déclaré que l’organisation allait "demander à l'assemblée générale de l’ONU d’adopter une résolution interdisant toute atteinte aux religions". Sur le plan européen, certains responsables ont épousé la liberté d’expression. Le président de l'Union allemande des journalistes, Michael Konken, a défendu la réimpression des caricatures dans les quotidiens allemands, et a présenté cette action comme "une contribution nécessaire à la formation de l’opinion". Franco Frattini, le commissaire européen chargé des questions de justice et d'immigration, stigmatise pour sa part les caricatures, qui risquent, selon lui, "d’entraîner une poussée de l’islamophobie en Europe". Safaa ISMAIL (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 20 mars 2008
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