| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 13-10-2005 22:00
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En inventant des lieux et des rites, le nouveau roman de Marie Darrieussecq, simplement intitulé Le pays, dresse une géographie imaginaire, féminine et intérieure. Comme une belle envie d’attraper le monde
La transformation du corps des femmes fait partie des textes de Marie Darrieussecq (photo AFP)
Comme Marie Darrieussecq, Marion Rivière est francophone et écrivain. Mais l’envie de retourner dans son pays d’origine est forte. Elle décide de s’y installer, avec Diégo, son mari et Tiot, leur jeune fils. Le pays, c’est le pays yuoangui, une petite terre littorale fraîchement indépendante, coincée entre la France et l’Espagne. Marion ne parle pas la langue, la vielle langue, mais connaît les lieux et les coutumes. Ses parents vivent là, sa grand-mère y est enterrée. Rapidement, Marion réalise qu’elle est enceinte. L’enfant à venir s’appellera Epiphanie. Même si on ne peut pas à proprement parler d’histoire, le roman de Marie Darrieussecq vise à raconter la vie largement. L’objet littéraire et personnel qu’est Le pays semble même vouloir capturer le monde et le ramener à lui en enchevêtrant les thèmes chers à l’auteure. Entre-deux mondes Composé en paragraphes alternant les polices et passant de la première personne (parfois orthographié j/e) à la troisième, le livre oscille de l’extérieur à l’intérieur, comme une échographie. S’il décrit par le menu la configuration des lieux, la géographie physique et les réalités propres au territoire, il bascule aussi vers l’intérieur, vers la famille et la gestation. Depuis ses débuts (Truisme), la transformation du corps des femmes fait partie des textes de Marie Darrieussecq. Elle a le goût des fantômes et des entre-deux mondes. D’ailleurs, les rites funéraires du pays et la technologie de sa Maison des morts peuvent surprendre. Comment être de quelque part, d’une famille, d’un territoire ? Avec quel avant, pour quel demain ? Toutes ces questions constituent la matière première d’un texte pourtant sans pesanteur. C’est là toute la grâce et la fausse innocence de l’écriture de Maire Darrieussecq. Jean Marc Jacob. (LPJ) 14 octobre 2005
Le pays, Marie Darrieussecq, P.O.L, 298 pages, 19 euros
— Lire en fête : c’est ce week-end !- La 17e édition de Lire en fête débute ce soir avec la Nuit des libraires partout en France et dans une centaine de pays. Lectures, rencontres littéraires, concerts, signatures, ou débats vont animer l’annuel rendez-vous populaire. À noter une nouveauté cette année, avec le Festin du livre qui invite le public à goûter à la littérature culinaire en dégustant des livres gastronomiques et autres gourmandises. Au total, 4.000 évènements sont organisés autour du livre jusqu’à dimanche soir. www.lire-en-fete.culture.fr
— Décès de Guillaume Dustan.- Guillaume Dustan (photo AFP) a été retrouvé mort jeudi dernier dans son appartement parisien des suites d’une intoxication médicamenteuse involontaire. Il était l’auteur d’autofictions retentissantes parlant frontalement d’homosexualité (Je sors ce soir) et de réflexions fortes et souvent provocantes (Génie Divin). Ses prises de positions à propos du bareback avaient suscité de violentes polémiques. Écrivain au talent reconnu bien au-delà de la communauté gay et personnage médiatique sulfureux, il avait reçu le Prix de Flore pour Nicolas Pages en 99, et crée la collection Le Rayon, chez Balland. Il était l'un des auteurs les plus en phase avec l’époque et des plus marquants de sa génération. — Nobel de littérature à Harold Pinter.- Après avoir récompensé l'Autrichienne Elfriede Jelinek en 2004, le Nobel de littérature est attribué cette année au dramaturge anglais, Harold Pinter. Son théâtre comme La pièce (1957), L'Anniversaire, Le Gardien, La Collection, Trahisons ou Un pour la route en 1984 traite de l'ambiguïté des rapports humains. Sous la forme de l'apparence banale du bavardage, l’écrivain explore les thèmes de l’insécurité et de la violence. (LPJ – 14 octobre 2005)
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