| Ecrit par Adeline Bourg,
le 19-03-2008 00:00
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Alors que des violences déchirent le toit du monde, le Dalaï-Lama menace de démissionner si la situation s’envenime. Ce qui n’est pas vraiment surprenant puisque le chef spirituel des Bouddhistes tibétains a toujours été engagé pour la non-violence
Le Dalaï-Lama exhorte Tibétains et Chinois à stopper la violence (photo AFP)
Le Tibet est actuellement au cœur de l’actualité. Les dernières manifestations, plutôt musclées, des indépendantistes ont été violemment réprimées par le gouvernement chinois. Les émeutes auraient fait 13 morts selon le gouvernement de Pékin, 80 morts selon un dernier bilan validé par le gouvernement tibétain en exil. De plus, les violences s’étendent actuellement à d’autres régions du Tibet, et au Népal. Pris à parti dans cette affaire, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao a accusé le Dalaï-Lama d’être l’instigateur des émeutes. Ce que rejette totalement le père spirituel des bouddhistes tibétains. Sa Sainteté menace même de démissionner de ses fonctions de chef politique et chef de l’Etat pour que le calme revienne. "Si les Tibétains devaient choisir la voie de la violence, il devra démissionner parce qu’il est complètement engagé dans la non-violence", a déclaré un de ses proches collaborateur. En agitant cette menace, le Dalaï-Lama espère faire cesser les violences au Tibet qui ne servent pas sa cause. Car lui ne souhaite pas l’indépendance pure et simple de son pays, mais seulement son autonomie, une "voie moyenne" que la Chine a toujours rejetée.
Prix Nobel de la paix en 1989 Né le 6 juillet 1935, à Takhster, au petit village du Tibet, Tenzin Gyatso est le 14ème Dalaï-Lama. Autrement dit, selon les préceptes bouddhistes, il est la manifestation du Bouddha de la Compassion qui a choisi de se réincarner pour servir l’humanité. Dalaï-Lama signifiant "Océan de sagesse" en tibétain. Le petit Tenzin avait été intronisé Dalaï-Lama en 1940 à Lhassa, capitale du Tibet. Mais ce n’est qu’en 1950 qu’il a pris ses fonctions de chef de l’Etat et du gouvernement. Il avait alors 15 ans. S’en sont suivies 9 années de lutte contre l’invasion chinoise, puis l’exil à Dharamsala, en Inde, où lui et son gouvernement résident toujours. Durant ces dernières années, le Dalaï-Lama s’est investi pour les droits des Tibétains à travers le monde. Le 9 mars 1961 il avait lancé un appel à l’Organisation des Nations unies pour restaurer les droits de son pays. Mais il a toujours refusé la lutte armée. Pour son action, il a d’ailleurs obtenu le Prix Nobel de la paix en 1989. Le Dalaï-Lama n’a eu de cesse de lutter contre l'effacement de la culture tibétaine et contre ce qu’il appelle "la répression chinoise". Car selon lui, si rien n’est fait, la culture tibétaine devrait disparaître d’ici 15 ans. Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) mercredi 19 mars 2008
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