| Ecrit par Jean-Pierre Sovannavong,
le 19-03-2008 00:00
|
|
Si la France a certes connu des présidents à deux septennats, force est de constater que les dirigeants du Cambodge, gouvernement et opposition mêlés, sont peu ou prou les mêmes qu’il y a quinze ans. Alors à quand le renouvellement ?
Les 5 principaux candidats des prochaines législatives.
Le paysage politique cambodgien est mouvant, les scissions suivent des alliances de circonstances qui ne durent jamais très longtemps, mais pour les observateurs avisés, force est de reconnaître le peu de renouvellement du personnel politique. Le PPC est le premier concerné. Ainsi Hun Sen, l’actuel Premier ministre, occupe le poste depuis 1985, avec quelques brèves interruptions. Il n’est pas le seul au sein de son camp. Keat Chhon, plusieurs mois ministres dans les années 60-70, dirige le ministère des Finances sans discontinuité depuis 1994. Les exemples ne manquent pas, depuis 1993, la plupart des ministères du quota PPC n’ont pas changé de main : Tea Banh à la Défense, Cham Prasith au Commerce ou encore Hor Nam Hong aux Affaires étrangères. "Certains ont su transformer leur ministère en véritable fief dont il sera difficile de les déloger, même pour le Premier ministre", note un diplomate étranger.
Feuilleton politique C'est probablement le Funcinpec qui aura le plus renouvelé ses cadres durant cette dernière décennie. Les nombreuses scissions et défections auront modifié l’encadrement du parti. Mais plus encore, c’est sur la propre décision du Prince Norodom Ranariddh que la quasi totalité des portefeuilles ministériels, sous le contrôle du FUN, ont changé de main au cours du dernier mandat, avec l’arrivée aux affaires des Sun Chanthol, Nuth Sakhom et autres Ing Kanthapavy. Renversé par ses pairs, c’est autour de quelques fidèles comme You Hokry ou Chhim Siek Leang, que le Prince lance sa propre formation. Le nouveau FUN a pour principal mérite d’être le seul parti à présenter une femme au poste de Premier ministre en la personne de la Princesse Norodom Arunrasmy. Pour le reste, le parti monarchiste semble se recentrer sur les vieilles figures de la résistance que sont les généraux Nhek Bun Chhay et Khan Savoeun. Du côté de l’opposition, Sam Rainsy dirige son parti entouré de sa femme Tioulong Samura, mais aussi et surtout, de son inamovible secrétaire général Eng Chhay Eang. Peu de dirigeants du PSR auront réussi a se faire remarquer à l’exception de Son Chhay, mais peut-on parler de renouvellement quand celui-ci occupe le siège de Phnom Penh depuis 1993, sous l’étiquette du défunt Parti Libéral Démocratique Bouddhiste puis du PSR ? Le dernier venu de la scène politique n’est pas non plus un inconnu. Kem Sokha a en effet occupé le secrétariat général du Parti Son Sann, pour devenir ensuite sénateur du Funcinpec. Ses vice-présidents sont Son Soubert, l’ancien président du Parti Son Sann, et Pen Sovann, qui avait brièvement occupé la présidence du régime installé par les Vietnamiens en 1981. Les prochaines élections, en juillet, devraient-elles amener des changements ? Les bruits de couloir ne manquent pas ; Chea Sim, président du PPC et aussi président du Sénat, pourrait prendre sa retraite. Autre rumeur, Hun Manet, le fils aîné du Premier ministre, pourrait pour la première fois se présenter à Siem Reap. Hun Sen aura démenti cette information, pour finalement déclarer que son fils "était libre de s’engager dans une carrière politique". Encore une fois, le Prince Ranariddh avait pris les devants en faisant élire sa fille, la Princesse Ratana Devi, dans la province de Kratié. Nul doute que d’autres rebondissements devraient subvenir dans ce véritable feuilleton qu'est le paysage politique cambodgien. J.P.S. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) mercredi 19 mars 2008
|