| Ecrit par LE CAIRE,
le 18-03-2008 00:00
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Des stations-service du pays souffrent depuis quelques jours d'une pénurie du gasoil. Une hausse des prix est prévue Début du goutte à goutte ? (photo Névine Kamel)
Depuis près de deux semaines, une pénurie de gasoil -subventionnée par l'Etat- et d'essence 80 octane frappe plusieurs régions d'Egypte. Distributeurs, ministère du Pétrole et propriétaires de stations-service s'échangent les accusations, avec une conséquence unique : les tarifs des moyens des transports ont augmenté et un marché noir du gasoil est apparu. Du coup, les consommateurs s’affolent. Ils accusent les propriétaires de stations de profiter de cette pénurie pour faire augmenter les prix du litre de gasoil sur le marché noir. Ces deux dernières semaines, il a enregistré une hausse de 25 % passant de 0,75 L.E. à 1,10 L.E. La pénurie a donc élevé le prix du peu de gasoil disponible sur le marché. Plusieurs chauffeurs de minibus affirment avoir payé aux employés de stations de gaz des pots-de-vin variant entre 5 et 20 L.E. pour faire le plein. Mais ces chauffeurs ont vite répercuté la hausse des coûts sur leurs clients. "Les chauffeurs ont augmenté les tarifs cette semaine d'environ 25 %. Je ne peux pas assumer du jour au lendemain une augmentation des transports pour aller à mes cours", se plaint Habiba, étudiante à l'Université du Daqahliya. La pénurie a atteint son apogée jeudi dernier, ce qui a fait croire aux chauffeurs que le gouvernement s'apprête à augmenter les prix en douce pendant le week-end. Le gouvernement, de son côté, nie son intention d'augmenter le prix des carburants. Abdel-Alim Taha, président de EGPC (Egyptian General Petroleum Corporation), réfute toute accusation de réduction des quantités de gasoil distribuées. "Le ministère du Pétrole distribue les mêmes quantités de gasoil et d’essence. En revanche, la consommation a augmenté", assure-t-il. "C’est une crise temporaire. Ne vous inquiétez pas, des quantités supplémentaires seront distribuées afin de répondre à la hausse de la demande", souligne-t-il.
Gamal Habib réfute ces déclarations "Depuis une semaine, nous n’avons pas reçu une goutte de gasoil. Les distributeurs ne nous ont même pas révélé les causes. Avant, nous recevions 26.000 litres par jour. Depuis deux semaines, on ne reçoit que 13.000 litres". Ce qui est certain, c'est que cette pénurie intervient à un moment où le gouvernement étudie la baisse des subventions à l’énergie, devenues trop lourdes pour le budget de l'Etat. Ce qui explique les rumeurs selon lesquelles le ministère du Pétrole, qui couvre 40 % de la consommation locale par des importations, a réduit les quantités importées en gasoil en raison de la hausse des prix internationaux. Le litre coûte en moyenne 3,7 L.E. alors qu’il est vendu 0,75 L.E. par le gouvernement qui doit assumer la différence. Les subventions au gasoil ont été fixées à 12,3 milliards de dollars pour l'année 2007/08, un montant insuffisant en raison de la hausse des prix du pétrole. Névine KAMEL. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mardi 18 mars 2008
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