| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 17-03-2008 23:00
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Avec la disparition de Lazare Ponticelli, c’est le dernier visage français de la Grande Guerre qui s’en va. Après les hommages de la nation, il reste à inventer la manière de transmettre l’un des plus tragiques évènements de l’Histoire. Les témoins directs se faisant rares, le travail de mémoire s’annonce d’autant plus important Lazare Ponticelli à Paris, le 16 décembre 2007 (photo AFP)
Décédé mercredi dernier à 110 ans, Lazare Ponticelli, dernier poilu de la Première guerre mondiale, a reçu hier les hommages de la nation. Il était le dernier Français survivant de l’une des plus grandes boucheries de l’histoire de l’humanité. Tout un symbole. A travers lui, hommage a donc été rendu à tous les combattants morts durant la Grande Guerre, comme il le souhaitait. Obsèques religieuses en l'église Saint-Louis des Invalides, drapeaux en berne sur les édifices et bâtiments publics, minute de silence et dépôt d’une gerbe devant une plaque à la mémoire de tous les poilus, sous le Dôme de l'Hôtel national des Invalides : l’instant était solennel. Solennel, car c’est comme si la France entière tournait une page de son histoire, tout en ayant le devoir de ne pas oublier et de continuer à se souvenir sans ceux qui ont vécu. Il ne reste à ce jour plus que huit vétérans de 14-18 dans le monde, huit personnes qui nous relient encore à cette guerre et nous permettent de mettre des visages sur l’inimaginable. Faisant partie d’un passé collectif, un évènement n’existe pas en lui-même, mais il perdure dans la mémoire et à travers la perception de ceux qui y ont participé, des historiens qui l’étudient, des jeunes qui en prennent connaissance… La guerre incarnée Le décès de Lazare Ponticelli ôte donc une voix de plus à la Grande Guerre, qui tend, avec la disparition de ses participants, à ne plus conserver que celle des manuels scolaires, des encyclopédies, des livres d’histoire. Mais également celle de chaque citoyen, revêtu d’une sorte de responsabilité. Ce fut d’ailleurs hier le sens de l’appel du président de la République : "Jeunesse de France, souvenez vous toujours de ces hommes et ces femmes qui furent si grands dans l'épreuve et dans le malheur". "Il est de notre devoir que, par-delà l'Histoire, la mémoire demeure malgré tout vivante. C'est un devoir national, c'est un devoir humain. On ne construit pas son avenir en oubliant son passé, mais en l'assumant et en le surmontant". La mort fait prendre conscience de la fragilité du passé, tout en nous rappelant de son impact sur notre présent et des leçons que nous devrions en retirer. Dans les colonnes du Figaro, l’écrivain Marc Dugain s’interrogeait d’ailleurs sur, non pas ce que nous faisons pour que ce genre de tragédies ne se reproduisent plus, mais sur ce que nous faisons pour qu’elles ne se produisent plus, tout simplement. Cela passe déjà par le souvenir, qu’il faudra tôt ou tard faire vivre sans les vivants. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mardi 18 mars 2008 En savoir plus LCI - Grande Guerre - "Jeunesse de France, souvenez-vous toujours" Le Figaro - Huit vétérans encore en vie
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