| Ecrit par Thierry Clément,
le 17-03-2008 00:28
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En perdant nombre de villes, dont Toulouse et Strasbourg, la droite a connu hier un véritable camouflet lors du second tour des élections municipales. Cette déroute électorale devrait se traduire dans la semaine par un remaniement ministériel Nicolas Sarkozy peut faire la grimace : dans l’isoloir hier, les Français lui ont fait parvenir un message de mécontentement (photo AFP)
"Les Socialistes sont dans une certaine mesure au pouvoir" : François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste, s’est joyeusement lâché hier à l’issue du second tour des municipales. Après plusieurs années de disette, et dix mois seulement après la victoire de Nicolas Sarkozy, la gauche a largement remporté l’élection locale dans un scrutin marqué par une abstention record (35%). En nombre total de voix, la différence entre les deux camps n’est pas si flagrante : la gauche a rassemblé 49,5% des voix, contre 47,6% à l’UMP. Mais, le nombre de municipalités conquises, ou reconquises, par le PS avec ses alliés ne trompe pas. Le Parti Socialiste a ainsi facilement conservé la main sur la mairie de Paris, avec la réélection de Bertrand Delanoë avec 57,7% des voix. Surtout, la gauche s’empare de plusieurs grandes métropoles françaises. A Toulouse, Pierre Cohen (PS) arrache un fief de la droite. Idem à Reims avec Adeline Hazan élue avec 56% des voix. Caen et Amiens basculent à gauche pour la première fois, Metz aura aussi son premier maire de gauche depuis… 1848, après le succès de Dominique Gros dans une triangulaire. La gauche s’empare même de Pau, où François Bayrou aura touché du doigt la limite de sa stratégie électorale avec un MoDem déconnecté. Marseille sauvée par l’UMP Enfin, en Alsace, Roland Ries récupère haut la main (58%) la mairie de Strasbourg perdue en 2001. La gauche a d’ailleurs reconquis la plupart des bastions perdus en 2001 : Rouen, Saint-Etienne, Evreux, Quimper, La Seyne-sur-Mer, Roanne. L’opposition de gauche a dans le même temps conservé ses places fortes : Lille (avec Martine Aubry), Angers, Brest, Belfort, s’ajoutent à Lyon, Nantes, Dijon ou Limoges acquis dès le premier tour. La carte de France des grandes municipalités s’est donc fortement colorée de rose. Hier, seule Marseille a semblé sauvée par l’UMP, avec la réélection au finish de Jean-Claude Gaudin (51%). L’UMP reste toutefois en place également au Havre, Orléans, Beauvais, Moulins et Perpignan, où des soupçons de fraude fiscale sont mis à jour. Remaniement ministériel dans la semaine La large victoire de la gauche hier confirme le poids du Parti Socialiste et de ses alliés dans les zones urbaines. Le vote traduit également une sanction contre le chef l’Etat au plus bas dans les sondages. Quatre ministres (Rama Yade, Christine Lagarde, Christine Albanel) ont été défaits hier, dont Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation qui a perdu sa ville de Périgueux. Et, si à droite hier, on parlait de rééquilibrage des forces plutôt que de déroute, et si François Fillon préférait ne pas tirer de leçons nationales d’un scrutin local, les mauvais résultats d’hier vont provoquer du remous dans la majorité. Ainsi, dès cette semaine, Nicolas Sarkozy devrait procéder à son premier remaniement ministériel, moins d’un an seulement après son arrivée au pouvoir. Thierry CLÉMENT. (www.lepetitjournal.com) lundi 17 mars 2008 Lire aussi Dossier spécial sur LeMonde.fr Et sur l'Obs.fr La soirée en images Sur LeFigaro.fr -
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