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L’Opus Dei vient de célébrer les 25 ans de son statut de prélature personnelle de l’Eglise catholique. Depuis sa création en Espagne en 1928, l’Oeuvre s’est considérablement développée. Et elle continue de susciter autant de "vocations" que de critiques L'église San Miguel à Madrid (Photo LPJ)
En 1928, le jeune prêtre Josemaría Escríva de Balaguer fonde l’Opus Dei ("Œuvre de Dieu" en latin) suite à une révélation divine. Malgré son succès, elle tarde à être reconnue par l’Eglise catholique. Tout change lorsque Jean-Paul II lui offre le 12 mars 1983 un statut juridique et honorifique. L’Opus devient "prélature personnelle" de l’Eglise, sorte d’évêché qui, au lieu d’être délimité à un territoire donné, se fonde sur le nombre de ses membres. La prélature bénéficie donc d’une certaine extraterritorialité qui la soumet directement à l’autorité du Vatican. Reconnaissance ultime, Jean-Paul II canonise le fondateur de l’Opus Dei en 2002 devant plus de 600.000 pèlerins place Saint-Pierre à Rome. Aujourd’hui présente sur les cinq continents, l’Œuvre compterait plus de 85.000 membres répartis dans 60 pays. Elle entend former une grande famille, riche de ses milliers d’adeptes. Leur lien ? "Rechercher la sainteté à travers la vie quotidienne" explique le site officiel de l’Opus.
Sainteté et modernité ? A Madrid, berceau de l’Opus Dei, le centre Vega héberge une vingtaine de jeunes recrues. Elles ont entre 25 et 30 ans, sont journalistes, philosophes ou doctorantes. "Je suis entrée dans l’Opus Dei à 14 ou 15 ans. Mes deux parents en font partie mais ils ne m’en parlaient jamais, témoigne Maria, Madrilène. Je suis membre numéraire, c'est-à-dire que je me suis rendue totalement disponible pour rencontrer Dieu." A 98% laïcs, les membres se distinguent en fonction de leur "disponibilité pour Dieu". Si les numéraires font vœux de chasteté et de pauvreté, les super-numéraires se destinent au mariage. "J’ai choisi d’être super-numéraire pour réaliser ma vocation à travers le mariage et la formation d’une famille. Mais une fois le moment venu ! Il ne faut pas ouvrir le cadeau avant le jour de Noël ! " Mariana est Argentine et membre de l’Opus depuis 6 ans. L’impact dans sa vie quotidienne ? "Ma vie est tout à fait normale ! Je travaille, et sors avec mes amies le week-end. Prendre une bière, voir un spectacle. Mais ma journée est ponctuée de rencontres avec Dieu."
La polémique perdure Politique ou économique, l’influence de l’Opus dans les hautes sphères a toujours fait l’objet de polémiques. "Une bonne partie de l’élite franquiste fréquentait l’Opus Dei. Au cours des années 50, l’appartenance de certains hommes politiques hauts placés était connue. On a parlé de mafia blanche" explique Estrella Lopez Keller, professeur de sociologie à l’université Complutense de Madrid. Bien que le siège de Rome soit le seul bâtiment qu’elle possède officiellement, l’organisation gère de nombreux établissements scolaires de haut niveau dont l’Université de Navarre en Espagne. "Des aspects importants de l’organisation comme son financement, ses possessions réelles restent assez flous, ajoute Estrella Lopez Keller. La difficulté d’en sortir, dont parlent ses anciens membres pose également problème". Sur la toile en effet, plusieurs blogs et associations proposent leur aide pour quitter l’organisation. ‘‘Libres de l’opus’’, ‘‘sortir de l’opus"… : ces sites gérés par d’anciens membres exposent leur vision du "piège de la vocation" et d’une "expérience qui les a affaiblis mentalement et spirituellement". Marion DOUET. (www.lepetitjournal.com Madrid) mardi 18 mars 2008 Pour en savoir plus Le site officiel de l’Opus Dei www.opusdei.org ,
Blogs en français et en espagnol www.opuslibros.org/inicio.ht http://opuslibre.free.fr/ http://saldelopusdei.blogspot.com/ |