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Services publics, transports en commun, bientôt la Deutsche Post. Dans la vague de grèves qui agite actuellement le climat social allemand, le syndicat Ver.di s’illustre par un radicalisme sans précédent. Portrait d’un syndicat en lutte pour un modèle social menacé Mot d'ordre: grève (Photo. Dave Kittel. http://presse.verdi.de)
Du point de vue français, l’Allemagne a l’image d’un pays où l’on ne fait jamais grève. Depuis la fin de la guerre, en effet, le système social allemand est basé sur une représentation paritaire syndicale et patronale. Le fameux système de "Mitbestimmung", qui s’appuie sur le dialogue social a ainsi longtemps été érigé en modèle. Au contraire de leurs confrères français, les syndicats allemands sont très centralisé autour de la DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund). Mais, depuis la réunification, la DGB perd massivement ses adhérents. En quête d’un second souffle, elle s’est restructurée au prix de nombreuses fusions qui, pourtant, n’ont pas freiné la tendance à la désertification. Ainsi, de près de 12 millions d’adhérents en 1991, ils n’étaient plus que 6,4 millions fin 2007... Malgré la chute, ces chiffres peuvent toutefois encore faire rêver plus d’un syndicaliste français.
Ver.di, le "grand" dernier Ver.di, acronyme de Vereinte Dienstleistungsgewerkschaft (fédération unifiée des services), est elle-même le fruit d’une fusion entre cinq syndicats au début des années 2000. Il symbolise ainsi le rattachement de l’ancien DAG (syndicat des employés) à la DGB et est, aujourd’hui, avec 2,2 millions de membres, l’une des plus grosses des huit branches de la DGB, juste derrière IG Metall. Mais Ver.di aussi, après les espoirs des premiers temps, voit ses rangs s’éclaircir. Plusieurs causes pourraient être invoquées : la monté du chômage, la difficulté d’implantation dans les moyennes ou petites entreprises de services ou encore la crise identitaire au moment des réformes de l’agenda 2010 de l’ex-chancelier Gehrard Schröder, qui ont ébranlé les relations entre SPD et syndicalistes. Un conflit qui devrait durer Aujourd’hui, Ver.di veut montrer qu’il a encore de la voix. Profitant de la colère qui monte dans les rangs de ses adhérents, il radicalise ses modes d’action. La grève n’est plus le dernier recours mais un moyen de pression auquel on a presque systématiquement recours. Face à la crise du pouvoir d’achat, bien connue également en France, les demandes de hausses de salaires se multiplient. Dans le conflit de la BVG (Berliner Verkehrsbetrieben), Ver.di revendique désormais une augmentation de 3 à 9%. Si les bus et les trams circuleront de nouveau lundi dans la capitale allemande, Ver.di a indiqué qu’il ne s’agissait que d’une "pause", et veut continuer à maintenir la pression sur les négociations. Au niveau national, le syndicat prévoit aussi des mouvements de grèves dans la fonction publique et à la Deutsche Post à partir du 1er avril. En cause, le niveau des salaires, et l’allongement de la durée du travail, qui pourrait menacer de nombreux emplois. L’Allemagne serait-elle devenue une "République de la grève" ("Streikrepublik") selon l’expression du Spiegel ? Le modèle français, tant moqué jadis par l’Allemagne du consensus, est peut-être en phase de traverser le Rhin. Sébastien VANNIER et Cécile BOUTELET (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 17 mars 2008
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