| Ecrit par BUDAPEST,
le 16-03-2008 00:00
|
|
Les cérémonies rappelant la révolution de 1848 et la guerre d'indépendance qui s'ensuivit, se sont déroulées cette année dans une atmosphère quelque peu tendue. En effet, elles suivent de peu le référendum organisé le 9 mars à l'initiative du Fidesz et qui s'est soldé par l'échec du gouvernement dans ses projets de réformes sociales
Lajos Kossuth au centre, brandissant le drapeau En ce cent-soixantième anniversaire d'un soulèvement qui n'était pas isolé, rappelons quelle était l'atmosphère de cette année-là en Europe, on a appelé l'époque le Printemps des peuples ou Printemps des révolutions. D'un bout à l'autre du continent ce n'étaient que révoltes aux causes diverses, économiques, après la crise des années 1846-47 ou sociales, c'est le début de la révolution industrielle, ailleurs l'aspiration à la liberté ou à l'émancipation en étaient tout simplement le moteur. Le 21 février, Karl Marx et Friedrich Engels avaient publié à Londres Le Manifeste du Parti communiste. En France, les journées révolutionnaires des 22 au 24 avaient entraîné la chute de la Monarchie de juillet et l'abdication de Louis-Philippe, puis l'avènement de la IIe République le 25. Mais c'est en Europe centrale et principalement dans l'empire des Habsbourg que l'on assiste aux manifestations les plus nombreuses. Le 3 mars à la diète de Presbourg, Kossuth réclame une constitution pour la Hongrie. Le 11 mars à Prague on exige des réformes constitutionnelles et l'autonomie. Les 13 et 14 mars, l'agitation s'étend à tout Vienne, Metternich doit démissionner et s'enfuir, il sera remplacé le 21 novembre par Felix Prince de Schwarzenberg. Le 15 mars, c'est à Pest que la révolution éclate, fomentée par les jeunes intellectuels réunis au café Pilvax. Petöfi et ses amis organisent une manifestation qui porte aux autorités un programme comportant douze revendications, notamment liberté de la presse, suppression des redevances seigneuriales, libération des prisonniers politiques ou réformes judiciaires. Les autorités locales capitulent devant la foule et le comte Batthyány devient Président du conseil. Le 18 mars, les servitudes féodales sont abolies en Hongrie, par ailleurs les garnisons autrichiennes commencent à être expulsées d'Italie centrale, Venise et Milan. Les événements se précipitent Le 24 mars, une proclamation est lancée en Transylvanie pour demander la reconnaissance des Roumains comme nation et l'abolition du servage, elle proclamera sa réunification avec la Hongrie courant mai. Le 11 avril, la Hongrie obtient un statut particulier. La Diète hongroise est dissoute et remplacée par une Assemblée nationale élue au suffrage direct par les nobles, les bourgeois et les paysans aisés. Entre le 10 et le 15 mai, la Croatie proclame son indépendance face à la Hongrie et se met à la disposition de l'empereur. Le 11 juillet, le Parlement hongrois, élu le 5 juillet, vote la levée de 20 000 hommes pour défendre la patrie en danger. Le 11 septembre les Croates entrent en Hongrie, Kossuth prend le pouvoir et crée le 22 septembre un comité de défense nationale dont il prend la direction le 8 octobre. L'armée hongroise entre deux fois en Autriche. Le 25 octobre, marche sur Vienne de l'armée hongroise pour soutenir l'insurrection de la ville. Le 30 octobre, elle est battue par les Croates à Schwechat. Le 2 décembre Ferdinand Ier abdique au profit de son neveu François Joseph Ier âgé de 18 ans, il était né à Vienne le 18 août 1830. C'est le début de la reprise en main et celui d'un long règne qui s'achèvera avec sa mort à Vienne le 21 novembre 1916. Le 15 décembre, le général autrichien Windischgrätz entre en Hongrie, atteint Györ, puis Budapest le 31 décembre. L'année 1849 sera marquée par une longue série de batailles, quelques victoires hongroises mais une défaite finale qui entraînera de la part de l'Autriche une répression sévère et une nouvelle centralisation qui étoufferont pendant quelque temps les espoirs que mars 1848 avait suscités. C. DEHALLE (www.lepetitjournal.com - Budapest) lundi 17 mars 2008
|