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Voilà bientôt trois ans que les Desprets exploitent avec succès le glacier Ciao. Rien de tel qu’une famille unie pour développer une affaire dans le contexte parfois déroutant du pays du sourire… et du durian ! Jérémy Desprets (droite) et son père Jean-Jacques (Photo Cyril Blin)
Beaucoup de Français tombent amoureux de la Thaïlande. Peu, comme Jérémy Desprets et son père Jean-Jacques, montrent une telle détermination à venir un jour y monter une affaire. Ils ont racheté en 2005 l’entreprise Ciao qui produit et distribue des glaces italiennes, des jus de fruits et du yaourt allégé. Approche en douceur Quand Jérémy achève un premier contrat de travail en Chine, Jean-Jacques propose à son fils de trouver une opportunité pour travailler ensemble en Thaïlande. Jérémy connaissait déjà le pays du sourire pour avoir effectué un stage chez Folies au sortir de son école internationale de développement. Le jeune-homme s’adresse alors à un intermédiaire de Bangkok qui propose plusieurs affaires : "ma première idée était de me diriger vers le tourisme, je pensais plutôt à une guest-house ou un petit hôtel" raconte-t-il. Mais son père ayant travaillé pendant 20 ans dans l'agro-alimentaire, il se tourne rapidement vers d’autres opportunités. "Il faut être très vigilant, prévient Jean-Jacques, car beaucoup d’entreprises annoncent des chiffres complètement fantaisistes". Quand ils découvrent l’entreprise Ciao, celle-ci existe depuis 2000, créée par un restaurateur italien, pionnier sur le marché de la glace en Thaïlande. Son réseau commercial comprend dix points de vente bien placés dans des stations BTS et dans des centres commerciaux. L’affaire présente un fort potentiel de développement. "La société était très artisanale. Nous nous sommes insérés en douceur dans le processus puis nous avons tout réorganisé pour prendre la main sur toutes les procédures" explique Jean-Jacques. Cette rationalisation a permis de gagner un temps précieux qui a été mis à profit pour développer l'activité. Depuis 2005 ils ont ouvert 2 kiosques autofinancés. Tout le monde à contribution La production mobilise 2 machines installées dans une petite maison. "Nous produisons 4 à 5 tonnes de glace par mois plus les jus de fruits" indique Jérémy qui, à l’âge de 25 ans, dirige sa première entreprise. Au début toutes les compétences de la famille sont mises à contribution : Jérémy s’occupe du marketing et de la vente, son père de la production, tandis que sa mère les aide en communiquant avec les vendeuses. Même la petite dernière, Alicia, a participé à l’aventure en posant pour des publicités. Aujourd’hui, Ciao emploie entre 20 et 25 personnes et Jérémy affronte les difficultés bien connues par les entrepreneurs en Thaïlande. "Il y a le problème du turn-over, les Thaïs se lassent vite de leur travail. Il nous est arrivé de devoir fermer des kiosques par manque de main d’œuvre". Sans parler des affres de la formation : "il faut par exemple patiemment expliquer que l’on ne peut pas vendre des glaces en mangeant du durian derrière le comptoir" raconte Jérémy en riant. Pour lui, le secret en Thaïlande, "c’est d’abandonner la mentalité de travail européenne et d’adopter celle des Asiatiques, ici les problèmes sont simples mais des problèmes simples il y en a beaucoup !" Jean-Jacques est maintenant rentré en France. Jérémy est désormais seul aux commandes, mais il n'oublie pas le rôle joué par ses parents : "sans eux cela n’aurait pas été possible, nous somme une famille très unie". Et l'aventure familiale continue puisque Jérémy vient de se marier et d’avoir un bébé. Cyril BLIN. (www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 14 mars 2008 |