|
Hier, lors de sa comparution devant la Cour Suprême dans une affaire d’acquisition immobilière frauduleuse, Thaksin Shinawatra a plaidé non coupable. Les juges l’ont autorisé à sortir du pays pendant quatre semaines. Il doit se représenter le 3 avril dans le cadre d'une autre affaire Thaksin Shinawatra s’estime victime d’une vendetta politique. Il a plaidé non coupable hier (Photo d’archives 2006 LPJ Bangkok.com)
L’ancien Premier ministre et milliardaire thaïlandais Thaksin Shinawatra comparaissait hier pour la première fois devant la Cour suprême pour une affaire de corruption moins de deux semaines après son retour d'exil (notre article du 29 février 2008). Durant les vingt minutes d’audience, Thaksin n'a rien dit, seul un "oui" au juge qui lui demandait s’il plaidait non coupable. Devant la Cour suprême, des centaines de partisans étaient massés. L’ancien chef du gouvernement, renversé et contraint à l’exil en 2006 par un coup d’Etat militaire, est accusé d'avoir influencé en 2003 une transaction immobilière au profit de son épouse, Pojaman, alors qu’il était Premier ministre. Pojaman Shinawatra est en effet accusée d’avoir acheté à un fonds d'investissement dépendant de la Banque centrale de Thaïlande, un terrain de cinq hectares à Bangkok pour une somme trois fois inférieure au prix estimé, selon l'acte d'accusation. Entendue lors d'une précédente audience en janvier, elle avait également plaidé non coupable (notre article du 9 janvier 2008). Fraude financière Bien que le gouvernement militaire ait laissé la place en février à une équipe élue dominée par les alliés de Thaksin, les procédures judiciaires engagées contre ce dernier se poursuivent. Thaksin Shinawatra et son épouse risquent jusqu'à 13 ans de prison chacun et/ou des amendes dans le cadre de cette affaire immobilière et sont accusés d’autres violations des lois anticorruptions. Pour Thaksin, cette nouvelle affaire s’inscrit dans une vendetta politique s’ajoutant à l’interdiction prononcée en mai 2007 par la Cour constitutionnelle d’exercer des activités politiques pour une période de cinq ans. Hier, la Cour suprême a estimé que le milliardaire n’était pas tenu d'assister à chaque audience. Il a reçu la permission de quitter le territoire thaïlandais pour une durée de quatre semaines au maximum. Il devrait certainement se rendre dans les prochains jours en Grande-Bretagne où il a pris le contrôle l'été dernier du club de football de Manchester City. Le 3 avril, il devra se représenter devant les juges qui vont décider d’engager ou non un nouveau procès contre lui à propos d’une affaire de fraude financière. A.B. et P.Q. (www.lepetitjournal.com - Bangkok avec AFP) jeudi 13 mars 2008 Les chantres de la démocratie "prêts à combattre le dictateur capitaliste" Les opposants de Thaksin Shinawatra ont fait savoir hier qu’ils envisageaient de mobiliser à nouveau l’opinion contre l’ancien dirigeant, invoquant des interférences du nouveau gouvernement dans le cours de la justice. "Le 28 mars, nous prévoyons de relancer le combat, a indiqué Suriyasai Katasila, porte-parole de l’Alliance du Peuple pour la Démocratie (APD), la fameuse coalition anti-Thaksin qui avait mené les grandes manifestations de 2006 dans les mois qui ont précédé le coup d'Etat. "Thaksin est toujours un problème et constitue une menace pour notre nation," a annoncé l’APD dans un communiqué. "L’APD et ses réseaux sont prêts à combattre le dictateur capitaliste et prêts à engager des actions selon toutes les façons pacifiques possibles dans le cadre de la Constitution." Le groupe a fait savoir qu’il n’envisageait pas de retourner dans la rue mais qu’il organiserait un événement dans l’Université de Thammassat pour faire état de ses revendications à l’encontre de Thaksin et ses alliés. L’APD accuse le gouvernement d’interférer dans le cours de la justice en plaçant des proches de Thaksin à des postes clés, favorisant ce dernier dans le cadre des affaires de corruption qui le concernent, notamment celle de fraude financière. (LPJ avec AFP) |