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L’éclatement de la bulle immobilière et la menace de crise du secteur sont au cœur des préoccupations des Espagnols. Après la fermeture de plusieurs dizaines de milliers d’agences immobilières en 2007, le point sur la santé du secteur immobilier en Espagne
Depuis 1998, le secteur de l'immobilier espagnol a connu une croissance spectaculaire, les ménages n'hésitant pas à s'endetter au maximum dans le but d'acquérir des biens immobiliers et ce, malgré la hausse constante des prix des maisons et des appartements. Ce phénomène de spéculation immobilière, couplé à l'expansion rapide du parc immobilier espagnol, a favorisé l’émergence d’une bulle immobilière qui se poursuivait encore en 2007. (Voir ci après les principales causes de la situation actuelle)
2008 : Eclatement de la bulle spéculative espagnole. Vers la crise immobilière ? Aujourd’hui, il semble bien que cette bulle immobilière soit en train d’éclater. Les premiers signes visibles de cet éclatement sont un essoufflement de la hausse du prix des logements en Espagne (-11 points par rapport à 2004), une diminution progressive des transactions immobilières et un temps d'attente accru pour qu'un appartement ou une maison trouve acquéreur. De nombreuses sociétés ayant fondé leur développement sur la frénésie immobilière, voient leurs valeurs s'effondrer, entraînant avec elles à la fois le secteur immobilier dans son ensemble et la bourse espagnole.
Plus de 40 % des agences immobilières espagnoles ont déjà mis la clef sous la porte Durant l’année 2007, ce sont 32.000 agences qui ont dû abandonner leur activité suite à la chute des ventes de logements. Les fermetures se poursuivent en 2008… Technocasa fait partie de ces intermédiaires en transactions immobilières qui ont dû fermer des agences ; 387 en tout, soit un tiers du total de leurs bureaux. Il déplore une baisse de 39 % de son chiffre d’affaires par rapport à 2006. En ce qui concerne les appartements de seconde main, on estime qu’ils se sont vendus jusqu’à 30 % en dessous de la valeur demandée initialement, mais que cela était sans doute dû au fait qu’ils étaient survalorisés au départ. Il s’agirait alors d’un ajustement des prix du secteur. Les prévisions pour 2008 restent teintées d’incertitudes. Cependant, le ministère de l’Economie espagnol devrait approuver un texte qui prévoit d’aider les agences immobilières en période de crise. Il semble donc que les évolutions à venir se fassent en faveur des promoteurs… Elodie REGERAT. (www.lepetitjournal.com - Barcelone) jeudi 13 mars 2008
Origines de la crise - le faible niveau des taux d'intérêt et les taux variables - les exigences limitées des banques dans la concession d'hypothèques et la durée de ces hypothèques (jusqu'à 50 ans), - le niveau élevé d'endettement des ménages par rapport aux autres pays européens (en 2006, les Espagnols devaient à leurs banques 700.000 millions d'euros de crédits), - l'accès au logement de la génération du baby boom, née dans les années 70, - la spéculation immobilière des grands constructeurs et groupes d’investisseurs qui achetaient d’énormes surfaces et les conservaient en vue de faire augmenter leur valeur marchande, - la tendance espagnole à l'achat plutôt qu'à la location, due à une politique fiscale favorable à l'achat, - les nombreuses résidences vides, - le développement de la "corruption urbanistique", liée à la possibilité, pour les villes, de décider de manière arbitraire quel sol est ou n'est pas urbanisable. |