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ONG et associations ont manifesté dimanche contre les évènements tragiques de la frontière de Melilla et contre les gouvernements espagnol et marocain, qui ont laissé à l’abandon dans le Sahara des centaines de clandestins. Devant le ministère des Affaires étrangères, plusieurs manifestants se sont allongés pour symboliser la mort de dizaines d’entre eux
Précarité des installations pour les immigrants à Melilla (Photo : AFP)
Des centaines de manifestants se sont rassemblés à Madrid dimanche dernier, devant le ministère des Affaires étrangères, à l’initiative, entre autres, de l’Association de Travailleurs Immigrants en Espagne, de Corriente Roja, de Paz Ahora et de la Fédération Panafricaine des Communautés Noires. ONG et associations ont ainsi dénoncé les évènements tragiques survenus à la frontière de Melilla et la politique d’immigration du chef du gouvernement espagnol.
Car depuis la prise d’assaut sanglante de la frontière de Melilla par des immigrés clandestins africains le 27 septembre, seuls les Maliens et les Sénégalais ont pu être rapatriés chez eux, ceci grâce à leur ambassade respective, qui ont collaboré avec les autorités marocaines. Les 600 autres sont abandonnés dans des conditions extrêmement précaires, dans le Sahara, à l’extrême sud du Maroc, en attendant que les autorités décident de leur sort.
Racisme contemporain
Parmi les manifestants, certains portaient des masques blancs tachés de rouge, revêtus de sacs poubelles. Allongés sur le trottoir, ils symbolisaient les immigrants morts lors de l’assaut de la frontière, mais aussi ceux qui sont morts au Sahara, par manque d’eau et de nourriture.
SOS Racisme et Médecins Sans Frontières s’insurgent, eux aussi, face aux conditions de rétention des clandestins. Selon SOS Racisme, ces derniers n’ont le droit ni de boire ni de manger. Le traitement est le même pour tous, hommes, femmes et enfants.
Selon Abuy Nfubea, le président de la Fédération Panafricaine des Communautés Noires en Espagne, "le gouvernement espagnol collabore avec les autorités marocaines en laissant faire ce génocide, et en traitant ces hommes comme les esclaves l’étaient au XVIème siècle".
Mais ce que demandent en priorité les associations, c’est que le ministère des Affaires étrangères exige le respect des droits de l’homme de la part des Marocains, et donc le rapatriement des clandestins dans des conditions dignes.
Anne GANICHAUD. (LPJ) 11 octobre 2005 |