| Ecrit par Sébastien Vannier,
le 09-03-2008 23:00
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Soupir de soulagement : la grève annoncée pour aujourd'hui à la Deutsche Bahn a été annulée. Si un accord a été trouvé à la dernière minute, le malaise reste perceptible en Allemagne. Le pays, jusqu’alors réputé pour sa recherche du consensus social, connaît de plus en plus de mouvements de grèves dures qui mettent le pays au ralenti. La fin du modèle social à l'allemande ? (photo S.V.)
On a évité de peu le scénario catastrophe à Berlin. Alors que métros, trams et bus sont déjà laissés dans les dépôts depuis mercredi dernier, un accord de dernière minute entre la Deutsche Bahn et le syndicat Ver.di a permis d'éviter la grève des S-Bahn. Mais le malaise reste intact. Que devient le modèle social allemand?
Echec des négociations Le syndicat Ver.di a frappé un grand coup mercredi dernier en provoquand une grève monstre dans de nombreux secteurs. En effet, les négociations entre le syndicat et les pouvoirs publics (Etat, Länder, communes) s’enlisent. Ver.di réclame pour 1,3 millions de salariés une hausse des salaires de 8% alors que les employeurs ne souhaitent accorder qu’une hausse de 5% et une augmentation du temps de travail. Pour se mettre en position de force lors de ces négociations, Ver.di a donc voulu montrer sa profonde volonté en déclarant une grève d’une ampleur rare en Allemagne. Ainsi, mercredi dernier, aéroports, hôpitaux, crèches et autres administrations publiques ont fonctionné au ralenti. Berlin au bord du chaos A Berlin, cela s’est traduit par l’annonce d’une grève longue de 10 jours minimum dans les services de la BVG (Berliner Verkehrsbetriebe) qui transporte habituellement plus de 2 millions de passagers par jour. Passé le chaos du premier jour, sous la neige, les Berlinois commencent à s’organiser en utilisant les vélos, les voitures, les bus mis à disposition ou en s’amassant dans les S-Bahn. Mais la GDL, le syndicat des conducteurs de train, qui avait déjà obtenu il y a quelques semaines un nouveau contrat tarifaire au bout d’un conflit social dur, a annoncé que les S-Bahn berlinois ne circuleraient plus à partir d'aujourd'hui car les employeurs n’ont toujours pas signé ce nouveau contrat. La capitale allemande se serait donc retrouvée complètement paralysée par ce double conflit, alors même que la foire internationale du tourisme (ITB) accueille actuellement des hôtes du monde entier. La colère monte Ces grèves massives et à répétition sont symptomatiques de la crise que connaît actuellement le modèle social allemand, basé principalement sur la négociation entre syndicats et employeurs. Comme en France, c’est le pouvoir d’achat qui revient au centre des débats. Nombre de salariés n’ont pas vu augmenter leurs salaires depuis des années alors que l’inflation se fait de plus en plus durement ressentir, menant au conflit frontal jusque-là très inhabituel en Allemagne. Les employés sont d’autant plus remontés par l’impression que le fossé entre riches et pauvres va croissant. Le récent scandale financier qui a révélé que de grosses fortunes allemandes et européennes étaient transférées au Liechtenstein pour fuir les impôts n’a fait qu'attiser la colère de millions d’Allemands. Sébastien VANNIER. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 10 mars 2008
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