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Les convertis à l’islam peuvent finalement revenir officiellement à leur confession d’origine. La Haute Cour administrative a autorisé la semaine derniere 12 coptes convertis à l’islam, à revenir officiellement à leur religion antérieure Victoire après pressions La Haute Cour a accepté que les plaignants puissent être présentés en tant que chrétiens sur leurs pièces d’identité et non plus comme musulmans comme c’était le cas à la suite de leur conversion. La carte d’identité devra toutefois spécifier que ces personnes ont temporairement adopté l’islam pour éviter, selon la cour, "toute manipulation ou dissimulation des conséquences juridiques ou sociales créées lors de cette conversion, comme les mariages ou les naissances". Tout commence en 2006 lorsqu’environ 12 coptes convertis à l’islam, et ayant formulé le souhait de revenir à leur confession d’origine, ont présenté une plainte à la justice administrative contre le ministère de l’Intérieur qui refusait d’accéder à leur requête. En avril 2007, une cour de première instance avait rejeté leur demande considérant que la renonciation à l’islam constituait une apostasie selon la charia (loi musulmane) et une "manipulation de l’islam et des musulmans". Les plaignants ont fait appel de l’arrêt avant d’obtenir enfin gain de cause. "C’est un verdict historique, une victoire pour la liberté de la foi en Egypte, l’article 46 de la Constitution qui garantit la liberté de la foi à tous les citoyens est appliqué", a déclaré Ramsès Al-Naggar, l’un des avocats des plaignants à l’issue du verdict. Principe de liberté Le verdict de la Haute Cour a été accueilli avec satisfaction par les organismes des droits de l’homme. "On peut considérer ce verdict comme positif car il garantit le principe de la liberté religieuse dans une société assez conservatrice", estime Bahieddine Hassan, directeur du Centre du Caire pour les droits de l’homme. Il émet toutefois des réserves. "La cour a estimé que les pièces d’identité doivent spécifier que les personnes concernées ont été un jour musulmanes. Cette condition va placer ces coptes dans une situation délicate et seront sur la liste noire de certains mouvements radicaux. De plus, elle rend difficile l’application du verdict car certains coptes vont craindre de modifier leur confession sur leurs cartes d’identité », souligne Bahieddine. Si du côté des organismes des droits de l’homme, on affirme que le verdict de la Cour administrative est un pas en avant, les autorités religieuses tant chrétiennes que musulmanes rejettent la décision mais pour des raisons différentes. "Ce verdict va ouvrir la porte aux abus contre les chrétiens qui décident de revenir à leur confession d’origine après s’être convertis", déclare Mgr Morqos, porte parole de l’Eglise copte orthodoxe. Et de s’interroger : "Pourquoi mentionner qu’ils étaient musulmans ? Cela laisse entendre qu’ils sont des apostats". Dans les attendus du jugement, la cour a justifié sa décision par la nécessité que l’état civil soit au courant des conversions de cet ordre. Les chrétiens se convertissant à l’islam le font souvent pour contourner les règles très strictes de l’Eglise copte concernant le divorce ou pour épouser une personne de confession musulmane. Dans ce contexte certains craignent que la décision de la cour ne donne lieu à la pagaille. Les coptes représentent de 6 à 10 % des 76 millions d’Egyptiens et constituent la grande communauté chrétienne du Moyen-Orient. Le verdict de la Cour d’appel intervient au moment où les pressions internationales se multiplient sur l’Egypte sur le dossier des droits de l’homme. Le Parlement européen avait sévèrement critiqué la situation des droits de l’homme et notamment celle des libertés religieuses. L’Etat semble lâcher du lest tout en cherchant à ménager l’opinion. Névine KAMEL (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 13 mars 2008 |