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SOCIÉTÉ - La bataille des grafiteros madrilènes Version imprimable Suggérer par mail
lundi 10 mars 2008

Asier et Murphy, du collectif Desviados Streetart, défrayent la chronique depuis l’automne. Leurs caricatures du maire de Madrid et des leaders politiques nationaux en ont fait les nouveaux porte-parole du street art espagnol

Tout a commencé avec cette fresque (photo Georgia Diaz)

"La célébrité ne nous intéresse pas. Aujourd’hui, il y  a plus de gens susceptibles d’apprécier notre travail grâce au web qu’en passant devant les murs que nous peignons. Nous ne voulons pas porter préjudice mais seulement peindre pour faire réfléchir !" Asier qui, il y a quelques années encore, peignait à la sauvage dans les rues de San Sébastien, se veut aujourd’hui polémiste, artiste engagé et non vandale. Porte-parole des tagueurs "par la force des choses", il est devenu célèbre pour s’en être pris à Alberto Ruiz-Gallardón.

"Gallardón loves graffiti"
C’était en octobre dernier, après avoir peint une fresque représentant le maire de Madrid, bras ouverts et bombes de peinture à la main. Rendue publique par El Mundo et TeleMadrid le 23, l’œuvre était détruite dès le 24 par les autorités madrilènes… Les mêmes qui venaient d’annoncer le renforcement des mesures anti-graffiti dans la capitale -jusqu’à 6.000 euros d’amende en cas de flagrant délit contre 300 auparavant. Il n’en fallait pas plus pour déclencher la bataille. "La pression quotidienne contre les tagueurs, la destruction du mur, ça nous agace… mais en agissant ainsi, ils nous ont montré que le message était parvenu à qui devait l’entendre", savoure Asier. "Du coup, on a continué !" En décembre, avec Murphy, il a donc dévoilé un nouveau tag. Cibles : Gallardón toujours, accompagné cette fois d’Ana Botella et Esperanza Aguirre. La conseillère municipale et la présidente de la communauté madrilène avaient soutenu le maire dans sa lutte. "Le problème, reconnaît Asier, c’est que taguer est à la mode. Beaucoup de jeunes s’y mettent et beaucoup avec l’envie d’emmerder le monde ! Ce n’est plus mon cas. Avant je peignais sans sens, maintenant je veux faire passer un message, mon anti-conformisme. Et je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas le faire, au même titre que celui qui publie une lettre ouverte dans un journal."

30 heures de travail, 750 euros
Pour le moment, seuls les élus d’Izquierda Unida et du PSOE ont donné suite à ces revendications et demandé à la mairie de céder 40 murs (2.000 m2) aux tagueurs. Asier et Murphy ont donc récidivé, à la veille des élections. Un nouveau tableau : "Mismos perros, diferentes collares" représentant Zapatero et Rajoy, mi-hommes, mi-chiens, a vu le jour dans le Barrio d’El Pilar. Trente heures de travail, 750 euros investis en peinture… Une manière de s’imposer également au plan national, en dénonçant la faiblesse du débat politique actuel. "Ils nous tiennent tous le même discours, ont tous de bonnes intentions mais une fois au pouvoir, ils ne font pas bouger les choses !" regrette Asier. Et de conclure ironiquement : "Au fait, je suis vigile de nuit ! Plutôt drôle pour un soi disant délinquant, non ?"
Georgia DIAZ. (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 10 mars 2008

Voir aussi : www.desviados.com












 
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