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RECIT - Macha Meril et la non-mater dolorosa Version imprimable Suggérer par mail

Ecrit par Anne Lapierre, le 06-03-2008 23:00

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A l’heure où chacune est libre de choisir ses grossesses, Macha Méril raconte la nécessité de la maternité et la douleur lorsqu’elle est impossible. Il faudrait consacrer la Journée de la femme à lire Un jour, je suis morte. Un témoignage précieux

Sous la pétulance de l’actrice se cache un poids terrible (photo Sophie Bassouls)

"Chez moi l’infirmité ne se voit pas, c’est vicieux. Personne ne me plaint." On ne mesure sans doute pas assez combien l’infertilité peut ravager la vie d’une femme. En ceci, le témoignage de Macha Méril est précieux. Dans Un jour, je suis morte, elle raconte comment du moment où elle a su qu’elle ne donnerait pas la vie, son appréhension du monde a radicalement changé.
Pas de projet sans fécondité, explique la comédienne à qui la maternité a été refusée, l’amputant ainsi de son essence féminine : "ce qui nous appartient, ce qui nous regarde et ne regarde que nous, les femmes, c’est la naissance."
A dérouler son chagrin, dans une insistante première partie, Macha Méril montre combien lourde est la souffrance pour celles qui n’ont pas choisi de ne pas être mère. Après avoir lu ce court essai -brillamment rédigé d’ailleurs, on ne pourra plus regarder de la même manière les femmes sans enfant : "Les femmes qui n’enfantent pas sont des erreurs. Des déviantes, veuves d’elles-mêmes." Des femmes à consoler donc.

Nous, les éclopés de la procréation
A une amie pleurant sur son infertilité, on ne pourra plus se contenter d’une amicale et chaleureuse accolade en lui signifiant du "bah, c’est pas si grave". Macha Méril dit justement à quel point c’est grave et que nier cette souffrance intime revient à annuler l’être humain à qui le besoin de reproduction a été interdit.
Quand Macha Méril sort de sa propre histoire pour observer le sens de la maternité -et de la féminité dans la société actuelle-, alors elle offre le meilleur de ses pensées singulières, et hors mainstream.
Il est vraisemblable que le récit de Macha Méril n’aura pour elle aucune vertu thérapeutique. Mais les femmes qui traversent cette épreuve éprouveront sans doute un vrai soulagement qu’une autre ait trouvé les mots pour le dire.
Quant à son ambition littéraire, Macha Méril a le mérite d’être claire : "Si une seule femme hésitante, en me lisant, prend la décision de faire un enfant, si elle va, le cœur léger, accomplir son destin de femme, alors j’aurai servi à quelque chose."
Anne LAPIERRE. (www.lepetitjournal.com) vendredi 7 mars 2008

Un jour je suis morte, de Macha Méril, Albin Michel, 120p, 12 €

- Egalement en librairie - La mère horizontale : une même famille, trois mères opposées

Rêvant d’une vie de star, la plus ancienne a négligé sa descendance. En perpétuelle attente d’amour maternel, la seconde a ruiné l’enfance de sa fille dans l’alcool. La dernière saura-t-elle réparer les filiations meurtries ?
Dans ce roman à trois voix, Carole Zalberg (photo Jean-Marc Lubrano) puise au cœur de la relation mère-fille pour en extraire une cruauté toute particulière. Sa plume précise et lucide laisse une solide impression de réussite.
La mère horizontale, Carole Zalberg, Albin Michel, 207p, 15 €
A.L. (www.lepetitjournal.com) vendredi 7 mars 2008 



Vos réactions (1)
Posté par Lucie Marine, le 09-03-2008 06:29
Non, on n'est pas obligés d'être parents
Macha Méril est au dessus du "must" social, lequel voudrait que les femmes doivent devenir mères, et pourtant son "conseil" a une portée conventionnelle et socialement correcte.  
Je pense au contraire que la plupart des femmes croient qu'elles vont être comblées par un enfant et qu'elles se trompent. Beaucoup de femmes vivent très mal leur maternité, beaucoup d'enfants grandissent sans amour, il y a les enfant-boulets et les enfants maltraités.  
Au contraire, beaucoup de femmes qui n'ont jamais été mères sont très sereines par rapport à cela. Pour beaucoup, ce n'est pas le fait ne pas avoir d'enfant qui les blesse mais l'étonnement qu'elles suscitent autour d'elles. Heureusement, c'est un peu moins vrai aujourd'hui.  
Les hommes ne sont pas épargnés par ce "must" social puisque eux aussi sont censés avoir une famille et un enfant. Eux aussi, quand ils s'aperçoivent qu'ils ont fait fausse route, c'est trop tard.
 
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