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Des déclarations de l’Ambassadeur de France à Buenos Aires suite au retrait de Suez d’Argentine ont provoqué l’ire de Cristina Kirchner, sénateur en campagne et première dame du pays. Récit d’une mini-crise…
En campagne electorale, Cristina Kirchner joue sur la fibre patriotique (photo AFP)
Au cours d’une réunion informelle tenue à l’Ambassade de France, mardi 4 octobre à l’occasion de la venue en Argentine d’une mission de l’ARRI, association d’anciens cadres et professionnels français, l’Ambassadeur de France, Francis Lott a estimé que la position du gouvernement argentin dans le traitement de l’affaire Suez avait été "un peu soixante-huitarde", et "populiste". Le représentant français se référait au retrait du groupe Suez d’Aguas Argentinas (distribution d'eau et des réseaux d'égouts) dans le Grand Buenos Aires, en rappelant que ce départ ne devait pas faire oublier le dynamisme des 260 autres entreprises françaises établies en Argentine.
La réaction de Cristina Kirchner, sénateur de la province de Santa Cruz et première dame du pays, ne s’est pas faite attendre. Lors d’un meeting dans la ville de Berazategui, elle a déclaré : "Nous continuerons à respecter la République française, mais nous allons lui demander qu'elle veuille bien donner des instructions à son ambassadeur, pour qu'il sache qu'il est dans un pays souverain, que ceux qui y décident sont son Président, son Parlement, et son pouvoir judiciaire". Et elle a ajouté : "Quand un ambassadeur étranger insulte un gouvernement, il n'insulte pas un Président, il insulte son peuple, il insulte la nation".
L’Ambassadeur de France convoqué à la Chancellerie
Cristina Kirchner est actuellement en pleine campagne électorale : elle postule pour se représenter au Sénat, mais cette fois dans la populeuse et stratégique province de Buenos Aires.
De fait, le gouvernement n’a pas manqué de convoquer l’Ambassadeur de France à la Chancellerie argentine où il lui a exprimé le "profond malaise et la contrariété" ressentis à la suite de ces "déclarations inacceptables".
Le Quai d’Orsay s’est limité à prendre "note des commentaires de Mme Kirchner à la suite des propos tenus par notre ambassadeur à Buenos Aires, dans un cadre informel, sur le contentieux concernant la société Suez".
Enfin, pour en terminer avec l’incident, le ministre des Affaires étrangères argentin, Rafael Bielsa, a déclaré vendredi dans l’après-midi, que l’incident diplomatique avec la France était clos.
Suzanne Thiais. (LPJ) 11 octobre 2005 |