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ECONOMIE - Le temps des grèves |
| Ecrit par Florian Constant,
le 06-03-2008 00:00
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Comme chaque année, c'est la période des revendications salariales, les contrats collectifs de travail étant souvent arrivés à leur terme. Et encore une fois, gouvernement, grandes entreprises privées et syndicats passent des heures à la table des négociations. Pas facile, d'autant que l'économie du pays est sous pression
Le ministre des Transports Ludovic Orban (photo : mediafax.ro)
"Nous avons trouvé une solution et c'est la seule possible, nous resterons fermes, nous ne pouvons pas changer notre offre et les syndicalistes devraient l'accepter car ils connaissent parfaitement la situation des chemins de fer roumains" a déclaré hier le ministre des Transports Ludovic Orban suite à la grève des cheminots qui a eu lieu entre 7 heures et 9 heures du matin. D'un côté, les syndicats demandent 18% d'augmentation salariale; de l'autre, le ministre Ludovic Orban offre 8% et affirme qu'une majoration de plus de 10% n'est pas "soutenable" économiquement, sachant que deux des trois sociétés des chemins de fer roumains sont subventionnées par l'Etat. Cela ne pourrait se faire, selon le ministre, qu'en réduisant les effectifs. "Les syndicats n'ont pas fait preuve de bon sens et d'honnêteté" assure-t-il. Cette grève d'avertissement a réuni 50.000 cheminots, selon les syndicats. Pour Ludovic Orban, "ils n'étaient pas plus de 3.000", suffisamment en tout cas pour perturber le trafic de plus de 400 trains. Environ 10.000 voyageurs auraient été affectés par ces deux heures de grève.
Ça grogne aussi chez ArcelorMittal Même problème du côté d'ArcelorMittal Galati, filiale du numéro un mondial de la sidérurgie ArcelorMittal. Entre 20 et 30 représentatnts du syndicat "Solidaritatea" d'ArcelorMittal Galati ont manifesté mardi leur mécontentement vis-à-vis de l'offre salariale proposée par l'exécutif de la société. Le syndicat demande 25% de plus pour le fonds des salariés, ce qui représente 275 lei (environ 75 euros) d'augmentation par employé - le salaire minimum brut mensuel étant de 610 lei (environ 165 euros). La direction propose 9,5%. Entre autres revendications, les syndicalistes demandent une aide supplémentaire en cas de décès, les accidents du travail étant malheureusement fréquents dans ce secteur.
Passer à la vitesse supérieure Que ce soit dans le secteur public ou le secteur privé, les négociations salariales sont de plus en plus difficiles. Et ce en partie parce que l'économie du pays est désormais sous pression. Le gouverneur de la Banque nationale Mugur Isarescu a averti que l'Etat roumain ne pouvait plus se permettre une politique salariale trop laxiste. Pour deux raisons : d'une part le risque d'inflation, et d'autre part le besoin d'une corrélation constante entre la productivité de l'économie et les salaires. "Si les salaires augmentent, il faut que la productivité du travail suive. Or elle reste faible en Roumanie en partie à cause du manque de scolarisation" souligne le journaliste Catalin Lupoaie du quotidien Ziarul Financiar. Par ailleurs, l'attractivité du pays pour les investisseurs étrangers repose beaucoup sur le niveau peu élevé des revenus. "Dans deux ou trois ans, les salaires roumains ne seront plus aussi intéressants pour beaucoup d'investisseurs" estime Catalin Lupoaie. Il faudra alors que le pays passe à la vitesse supérieure et devienne une économie compétitive. Pas seulement grâce à sa main-d'oeuvre bon marché mais surtout à son savoir-faire dans divers secteurs. Florian Constant (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 6 mars 2008
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