| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 04-03-2008 23:00
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Depuis la mort du numéro 2 des FARC samedi, la situation est devenue explosive en Amérique latine. La Colombie, l’Equateur et le Venezuela s’écharpent à coups de libération d’otages compromise, de "bombe sale" et de financement du terrorisme Raul Reyes, le numéro 2 des FARC tué samedi lors d'un raid militaire colombien en Equateur (photo AFP)
La Colombie a surenchéri dans la crise diplomatique qui l’oppose à ses voisins depuis le début de semaine. Le président Alvaro Uribe a dit hier son intention de dénoncer son homologue vénézuélien Hugo Chavez devant la Cour pénale internationale pour financement d’une organisation terroriste accusée de génocide, c’est-à-dire les FARC comme les désigne la Colombie. Tout est parti de la mort samedi de Raul Reyes, le numéro 2 de la guérilla marxiste, au cours d’une opération militaire dans un camp en Equateur. Cet homme n’était autre que le principal porte-parole des FARC avec qui le président équatorien Rafael Correa prétend qu’il négociait pour faire libérer 11 otages, dont Ingrid Betancourt. Lundi soir, il a accusé dans une allocution télévisée la Colombie d’avoir fait capoter les pourparlers en causant la mort de Reyes. Ne ratant pas l’occasion, Hugo Chavez, le président vénézuélien s’est joint aux concerts de critiques de plusieurs pays latino-américains, dont le Brésil, à l’encontre du gouvernement d’Alvaro Uribe. Colombie isolée Rafael Correa et Hugo Chavez ont donc rompu leurs relations diplomatiques avec la Colombie et bouclé leurs frontières, avec un renforcement des troupes militaires. Le président nicaraguayen Daniel Ortega, ancien guérillero, a déclaré qu’Alvaro Uribe était une menace en Amérique latine. Pas en reste, le Brésil l’a appelé à faire ses excuses à l’Equateur pour l’incursion de l’armée colombienne sur son territoire. Mais le président Uribe ne s’est pas démonté. Il en a appelé au droit pour la Colombie à se défendre face au danger que représentent les FARC. Il s’appuie aussi sur des dossiers trouvés dans l’ordinateur de Reyes, qui démontreraient que l’Equateur et le Venezuela ont aidé financièrement la guérilla marxiste. Enfin, il aurait la preuve que les FARC tentent de se fournir en matériaux radioactifs pour fabriquer une "bombe sale". Mais à part le soutien de George W. Bush, la Colombie ne s’est jamais trouvée aussi isolée diplomatiquement. Et la situation n’a jamais été si proche de tourner à l’affrontement direct. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 5 mars 2008 En savoir plus L’Express - Surenchère dans la crise entre la Colombie et ses voisins Libération - L’escalade verbale continue entre la Colombie, le Venezuela et l'Equateur
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