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lore La consommation d’alcool est la première cause d’accidents de la circulation au Brésil. La sensation d’impunité due à l’absence quasi-totale de contrôles encourage les conducteurs à prendre le volant après avoir bu, avec les conséquences que l’on connait
Bière brésilienne et cachaça, deux spécialités consommées avec trop peu de modération - © Laurent Guerinaud Photography
En moyenne, 25.000 personnes meurent chaque année au Brésil dans des accidents de la route causés par des conducteurs ivres. D’après le Secretaria Nacional Antidrogas, 82% des conducteurs brésiliens admettent déjà avoir conduit après avoir ingéré 3 doses* ou plus d’alcool. L’alcoolémie au volant est un sujet préoccupant au Brésil, et les diverses campagnes de prévention que l’on peut voir affichées au bord des routes ne semblent pas porter leurs fruits. Le véritable problème est que les contrôles d’alcoolémie au volant sont quasi inexistants. A tel point que la plupart des usagers ne savent même pas que la conduite sous l’emprise de l’alcool est un crime passible de 3 à 6 mois de prison, d’une amende et d’une suspension ou annulation du permis de conduire au-delà de 0,6 grammes d’alcool par litre de sang. La Veja elle-même, indiquait, dans un article publié en janvier, que le conducteur pris au-delà de ce taux ne commet qu’une ''infraction de la circulation'' et ne risque qu’une amende et un retrait provisoire du permis et du véhicule le temps de revenir à un taux lui permettant de conduire. C’est suite au courrier d’un lecteur travaillant dans le domaine de la justice que le magazine a publié un erratum la semaine suivante.
82% des conducteurs brésiliens admettent avoir déjà conduit après ingestion de 3 doses ou plus d'alcool - © Laurent Guerinaud Photography
Mesure phare du gouvernement : interdiction de la vente d’alcool au bord des routes A titre de comparaison, en France, le taux d’alcool dans le sang au-delà duquel il est interdit de conduire est de 0,5 grammes par litre. Jusqu’à 0,8 grammes, la peine encourue est une amende, assortie d’une suspension du permis de conduire de 3 ans et du retrait de 6 points. Passé ce taux, l’infraction devient un délit, ajoutant aux peines décrites plus haut, la prison et l’annulation du permis de conduire. Malheureusement, la mesure phare prise par le gouvernement au mois de janvier fait doucement rire... Il s’agit de l’interdiction de la vente d’alcool appliquée aux bars et restaurants situés aux abords des routes fédérales. L’amende pratiquée en cas d’infraction est de 1.500 réais, et elle est doublée en cas de récidive, avec une fermeture de la voie d’accès depuis la route. Cette mesure reste louable, mais au lieu de responsabiliser les conducteurs, elle fait porter la faute aux établissements distribuant de l’alcool... Or aujourd’hui, c’est le conducteur qu’il convient de sensibiliser, les contrôles routiers eux-mêmes restant généralement focalisés sur le véhicule – sa vitesse, son état général, la ''carte grise'' – mais pas sur celui qui le conduit… Laurent GUERINAUD (www.lepepetitjournal.com – São Paulo) mercredi 5 mars 2008
* le taux d'alcoolémie après ingestion de 3 doses d'alcool atteint environ 1 gramme par litre de sang ; il varie selon les individus. |