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RENCONTRE - Juan Carlos Thomas, l'administrateur social |
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mardi 04 mars 2008 |
Juan Carlos Thomas a été engagé pour ouvrir au Chili le bureau de l’une des plus grandes ONG nord-américaines de conseil en entreprenariat social. Un virage à 180 degrés pour cet ingénieur commercial chilien de 32 ans, dès sa sortie de la prestigieuse INSEAD de Fontainebleau
Il a le profil type d’un élève de l’INSEAD : ingénieur, la trentaine, quelques années d’expérience professionnelle… Juan Carlos Thomas a terminé son MBA, master en administration des entreprises de la prestigieuse école basée à Fontainebleau (60 km au sud de Paris), en 2006. Depuis, comme bon nombre des quelque 800 élèves qui, chaque année, passent par l’INSEAD, sa carrière a pris un nouveau virage. "Je viens d’un milieu d’entrepreneurs, donc j’ai toujours su ce que je voulais faire, explique Juan Carlos, mais je suis du sud du Chili, la région des lacs, très rurale. Je me suis donc en plus toujours intéressé à l’entreprenariat social", dit-il. A l'issue de six ans dans une banque d’investissement, il voulait une expérience en Europe, après un échange universitaire aux Etats-Unis. "C’est l'une des trois meilleures écoles de commerce européennes derrière la London Business School, rappelle t-il avec fierté. Comme je préférais un pays latin, j’ai choisi la France et l’INSEAD", explique t-il avouant avoir oublié son français. Car cette école, basée à Singapour et Fontainebleau, et qui accueille 70 nationalités, est un peu une enclave en Ile-de-France ; le français n’y était que sa troisième langue : "Il faut parler deux langues pour entrer, dont l’anglais. C’est la langue commune à l’école. C’est autant la richesse et la variété des contacts que la qualité des cours, qui fait l’intérêt de ce MBA", affirme Juan Carlos, qui, logeant chez une famille, a tout de même pu apprécier le charme de la vie française et voyager dans l’Hexagone.
Développement social Dès son retour, il a été engagé par Technoserve pour ouvrir leur bureau au Chili. Cette ONG basée à Washington est l’une des 5 plus performantes en matière de développement social, selon un classement du Financial Times. Jusqu’à présent, l’action de Technoserve s’arrêtait au Pérou, désormais elle s'étend au Chili avec deux projets en cours. Il s’agit de détecter dans les communes rurales des entrepreneurs et des entreprises qui auraient besoin d’un coup de pouce pour se développer et mieux répondre aux exigences du marché : présentation des produits, normes d’hygiène, débouchés possibles… Le tout avec, entre autre, le financement de grandes entreprises qui se sentent des responsabilités sociales. Grâce à Technoserve, Centurion, qui fabriquait au Pérou de la mélasse en vrac, produit aujourd’hui du sucre joliment conditionné pour le marché européen du bio. Juan Carlos qui a pourtant fréquenté à Fontainebleau le gratin mondial du business, se sent en accord avec lui-même dans ses nouvelles fonctions qui le rapprochent de son Panguipulli natal. Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com - Santiago) mardi 4 mars 2008
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