Rabat, Paris, Bruxelles, Montréal... L'appel en faveur de la libération de Fouad Mourtada condamné à trois ans de prison par la justice marocaine pour s'être fait passer pour le prince Moulay Rachid sur Facebook a été relayé samedi 1er mars dans plusieurs capitales du Monde
Près de 150 ingénieurs marocains et militants des droits de l'homme ont réclamé samedi 1er mars à Rabat la libération de Fouad Mourtada condamné le 22 février à trois ans de prison pour avoir "usurpé" l'identité du frère du roi Mohammed VI. "Libérez Mourtada tout de suite", ont scandé les protestataires rassemblés devant la prestigieuse Ecole Mohammadia des Ingénieurs de Rabat (EMI) dont le jeune ingénieur en informatique, âgé de 27 ans, a été lauréat en 2005, rapporte l'AFP. D'autres capitales mondiales, comme Paris, Bruxelles, Montréal se sont associées à cette journée mondiale de solidarité. Fouad Mourtada est condamné à trois ans de prison et 10.000 dirhams (900 euros) d'amende par le tribunal de Casablanca pour "utilisation de données informatiques falsifiées" et "usurpation" de l'identité du prince Moulay Rachid sur le site Facebook, ce dernier étant le frère cadet du Roi du Maroc Mohammed VI. "Nous l'avons adopté comme un détenu d'opinion et nous réclamons sa libération immédiate", a déclaré à l'AFP Khadija Riadi, présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) qui a appelé au rassemblement.
"Valeurs sacrées" Aboubakr Khamlichi, ingénieur, estime que "Fouad Mourtada a été victime de ce qu'on appelle au Maroc les valeurs sacrées", en allusion à la monarchie, la religion et l'intégrité territoriale considérées comme des lignes rouges à ne pas transgresser par la presse et les citoyens. Le congrès de l'Union nationale des Ingénieurs Marocains (UNIM) ouvert vendredi dans les locaux de l'EMI, devrait adopter une motion appelant à la libération de Mourtada, a indiqué Abdelhamid Amine, président du congrès et militant des droits de l'Homme. Une responsable d'Amnesty International, Bénédicte Goderiaux qui a assisté au procès, s'était déclarée le 23 février "choquée" par le "verdict très lourd" contre Fouad Mourtada, dans une déclaration à l'AFP. "La sentence est disproportionnée par rapport à ce qu'il a fait", a-t-elle jugé. Le "prisonnier de Facebook" comme on l'appelle déjà au Maroc, est au coeur d'un formidable élan de solidarité sur Internet et la blogosphère marocaine emmenée par le site de Larbi. L'affaire est aussi sujette à débats entre les légitimistes de la monarchie qui approuvent la sanction et les progressistes soucieux de voir leur pays en phase avec son fameux slogan officiel d'un "Maroc en mouvement", symbole d'un Maroc qui se construit dans le sillage des démocraties modernes... Même s'il est trop tôt pour affirmer que les autorités marocaines sont dépassées par les effets du jugement de Casablanca, l'affaire commence à devenir embarrassante pour Rabat. Seule une grâce royale pourrait sortir de l'ornière juridique Fouad Mourtada. Et libérer le Maroc d'un fardeau bien encombrant. D.B. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) mardi 4 mars 2008 En savoir plus : Le site de soutien : http://www.helpfouad.com/ Le blog de Larbi : http://www.larbi.org/ Animation flash "Où finissent les lignes rouges ?" dédiée à Fouad Mourtada.
Vidéo : Fouad Mourtada: 3yrs of Jail for Fake Facebook