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POLITIQUE - Regard de Marc Lazar sur la politique italienne Version imprimable Suggérer par mail

Ecrit par Sara Fredaigue, le 03-03-2008 00:00

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Politologue français et spécialiste de l’Italie, Marc Lazar, professeur à Sciences po est cette année professeur-invité à la Luiss. Au cœur de l’actualité italienne, il pose un regard averti sur la politique de la Péninsule. Entretien

Le Petit Journal : Depuis l’annonce des élections anticipées, un jeu d’alliances se met en place afin de présenter deux partis uniques : le Peuple de la Liberté et la Parti Démocratique. Est-ce un événement nouveau dans le paysage politique italien ?
Marc Lazar :
On est peut-être en train d’assister à un tournant historique. L’Italie va vers une normalisation. Elle tend à la bi-partition et sort de la situation ouverte au début des années 90 avec des coalitions hétérogènes organisées en pôle.

Face à cette bi-partition, la gauche semble faire de la résistance et Casini, chef de file de l’Union des Démocrates Chrétiens (UDC), parti centriste, vient de se démarquer en refusant de faire parti du Peuple de la liberté. Est-il possible qu’un réel Centre émerge ?
C’est une tentative risquée pour le Centre. Compte tenu du système électoral italien, l’UDC devra obtenir un nombre important de suffrages pour pouvoir être représenté. C’est une volonté claire de ne pas disparaître dans la logique qui est en train de s’imposer. Cette opération devrait se traduire par une campagne électorale à la Bayrou où Casini va tenter de se distinguer en tapant sur ses deux compétiteurs.

En Italie, l’Eglise est omniprésente. Quel est son poids réel dans la campagne électorale ? Les catholiques peuvent-ils faire jouer la balance ?
Je ne crois pas. Les études de sociologie électorale menées en Italie montrent que l’Eglise n’a plus d’influence directe sauf peut-être pour les catholiques pratiquants. On observe, par ailleurs, une diversification de la présence catholique en politique. Aujourd’hui, les Centristes n’ont pas le monopole de ce vote. Néanmoins, même si l’Eglise ne donne pas de consigne de vote, il est incontestable qu’elle est présente dans le débat public italien. On peut sans doute l’expliquer par la crise politique. L’Eglise est une institution pourvoyeuse de sens.

Le pays est tenté par le grand balayage

Quels sont les critères qui vont déterminer le vote des électeurs ?
La campagne n’étant pas réellement commencée, il est difficile de savoir les thèmes qui seront au cœur de l’agenda politique. Ce qui est certain, c’est que les questions économiques et sociales - comme la croissance économique, le niveau des salaires et le pouvoir d’achat - sont fondamentales. L’Italien est tiraillé entre trois sentiments : une lassitude face aux difficultés rencontrées ; une hostilité à la politique et une véritable aspiration à une rénovation politique. Le pays est tenté par le grand balayage.

Antonio Di Pietro a annoncé dans une émission de la RAI jeudi soir son souhait d’avoir des listes propres. Simple effet d’annonce ou réelle volonté de débarrasser la classe politique de la corruption ?
Pour Antonio Di Pietro, c’est sans doute un effet d’annonce. Néanmoins l’enjeu de ces élections est peut-être l’émergence d’une nouvelle classe politique. Walter Veltroni montre par exemple une réelle volonté de faire monter de nouvelles personnalités en marginalisant les "éléphants" de la gauche. Il répond à l’hostilité croissante en Italie contre la "caste".
Propos recueillis par Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com) Lundi 3 mars 2008

Pour plus d’informations :
Article de Marc Lazar dans Libération du 29 février 2008 sur la politique itialienne 
Biographie succincte de Marc Lazar

 


Vos réactions (1)
Posté par sophie, le 03-03-2008 18:58
merci
Merci pour cet éclairage. C'est intéressant de prendre un peu de hauteur. J'ignorais par exemple que la bi-polarisation était quelque chose de récent. L'avenir proche va nous dire si la campagne italienne va ressembler à la campagne française. En tout cas, ca me donne envie de me pencher dessus d'un peu plus près.
 
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