| Ecrit par BUDAPEST,
le 03-03-2008 00:00
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La semaine dernière, la Hongrie a négocié un accord gazier avec la Russie. Le Premier ministre hongrois a tout d'abord reçu assez discrètement la visite de celui qui n'était encore que vice-Premier ministre, Dimitri Medvedev avant de s'envoler en fin de semaine pour Moscou pour signer l'accord définitif
Quelques jours plus tôt, les négociations entre les deux pays avaient échoué, le ministre hongrois des Finances Janos Veres n'ayant pas réussi à signer un accord à 50/50 avec Gazprom. Mais jeudi, à Moscou, les deux parties ont signé un mémorandum sur la création d'une société mixte à hauteur de 50-50%. La Hongrie était le dernier maillon indispensable à la réalisation de ce projet et l'on peut aisément imaginer que les négociations ont été âpres.
Le projet tenait particulièrement à cœur les Russes. Le gazoduc South Stream a pour principal objectif d'éviter un passage par l'Ukraine, source de maints ennuis ces dernières années. Mais ce projet est surtout perçu comme un concurrent sérieux pour le gazoduc Nabucco, soutenu par les Etats-Unis et l'Union européenne. Une Union européenne qui est d'ailleurs embêtée. De son côté, dans l'idée de réduire la dépendance énergétique de l'Europe au gaz russe, elle soutient clairement le projet Nabucco. Mais elle doit composer avec des pays comme l'Allemagne, la France (on se souvient qu'il y a peu GDF avait été exclu du projet sous influence turque pour des raisons politiques) et surtout l'Italie, qui ont signé des accords bilatéraux avec Gazprom et qui feront donc usage de South Stream.
Ce dernier devrait acheminer du gaz en provenance d'Asie centrale (non-russe) via la Turquie et l'Europe centrale (dont la Hongrie). Alexei Miller, le patron de Gazprom, avance la date de 2013 pour la mise en route du gazoduc. Enfin, Vladimir Poutine a beau clamer qu'il ne veut faire de concurrence à personne, lorsque Ferenc Gyursany déclare que les Russes ont été plus rapides que Nabucco, personne ne le croit. D'ailleurs dans la même logique, Gazprom a également entrepris de construire un autre gazoduc au nord, baptisé Nord Stream, au fond de la mer Baltique, reliant directement la Russie à l'Allemagne. Réactions en Hongrie De son côté, le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany a été sous le feu des critiques, l'opposition et ses alliés politiques lui reprochent la manière "secrète" avec laquelle il avait négocié un accord avec la Russie. "Je n'en connais pas le contenu. Mais, conclure un accord qui doit déterminer la politique énergétique pour les 20 ou 25 prochaines années et ne pas en discuter au Parlement est peu commun", s'est élevé Viktor Orban, le leader du principal parti d'opposition Fidesz (droite). Istvan Szent-Ivanyi, issu du SZDSZ (libéraux) participant à la coalition avec le parti socialiste, a ajouté: "Je m'inquiète que le Premier ministre prenne une décision stratégique à long terme pour l'approvisionnement en gaz de la Hongrie alors que le contexte et les détails de l'accord sont connus de si peu de personnes". Pour prouver que la Hongrie avait toujours à cœur le projet Nabucco, le Premier ministre Gyurcsany a d'ailleurs nommé un ambassadeur itinérant, alors même qu'il scellait à Moscou la participation de son pays au projet concurrent South Stream, qui serait responsable auprès des pays participants. La Russie est le principal fournisseur de gaz de la Hongrie dont elle satisfait environ 70% des besoins. L'an dernier, la Hongrie a importé près de 7,5 milliards de mètres cubes de gaz russe, et compte en acheter 10,7 milliards en 2008. Cécile Vrain (www.lepetitjournal.com - Budapest) lundi 3 mars 2008
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