| Ecrit par Sébastien VANNIER,
le 02-03-2008 23:00
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L’élection régionale de Hambourg a confirmé la montée du parti Die Linke ("la Gauche"), qui après la Hesse et la Basse-Saxe, a de nouveau réussi à entrer au parlement. Créé il y a moins d’un an, ce parti de gauche continue sa conquête de l’ouest et entraîne une nouvelle donne politique, composée désormais de cinq partis Die Linke, l'irrésistible ascension (photo. S. V.)
A Hambourg, comme en Hesse quelques semaines plus tôt, la percée de Die Linke bouleverse tout l’échiquier politique. Les coalitions traditionnelles étant devenu impossibles, chacun doit désormais revoir ses stratégies.
SED, PDS, WASG Die Linke a beau n’avoir vu le jour qu’en juin 2007, il a déjà une longue histoire derrière lui. Il est en effet la fusion de deux groupes politiques, le PDS (Partei des Demokratischen Sozialismus) et la WASG (Wahlalternative Arbeit und soziale Gerechtigkeit). Le premier est issu directement du SED (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands), parti au pouvoir en ex-Allemagne de l’Est, et a réussi depuis la chute du mur à rester très fortement implanté dans ces Länder. Mais ce passé autoritaire reste une des raisons pour lesquelles aucun des autres partis traditionnels ne souhaite s’allier avec die Linke. La WASG est le regroupement, dans les Länder de l’Ouest, principalement des déçus de la politique du SPD et de syndicalistes. Une percée fulgurante Une première entente entre PDS et WASG avait eu lieu lors des élections parlementaires de 2005. A la clé, un premier succès rentissant puisque la fraction commune au Bundestag, conduite par Gregor Gysi et Oskar Lafontaine, lui-même ancien président du SPD, réunit 53 députés. Après la fusion de 2007, arrive la "troisième étape", celle de l’implantation dans les Länder de l’Ouest. Après Brême l’année dernière, Die Linke a donc réussi le grand chelem en dépassant la barre des 5% en Hesse, en Basse-Saxe et récemment à Hambourg ce qui lui permet d’être représenté dans ces parlements et surtout de s’installer de manière incontournable sur l’échiquier politique national qui s’en trouve ainsi bouleversé. Nouvelle donne pour les coalitions La situation en Hesse et à Hambourg est telle que les coalitions traditionnelles (CDU-FDP ou SPD-Verts) ne peuvent obtenir de majorité. Le SPD a pour l’instant refusé catégoriquement de s’allier avec Die Linke. Mais au vu de l’opportunité de reprendre deux Länder jusque-là détenus par la droite, le président du SPD, Kurt Beck, hésite à revenir sur sa décision. Ainsi a-t-il donné implicitement son feu vert à Andrea Ypsilanti, la candidate du SPD, pour faire passer un gouvernement SPD-Verts en Hesse avec les voix des Linke. Ceux-ci seraient prêts à tolérer ce gouvernement pour faire barrage au candidat CDU, Roland Koch. A Hambourg, cette nouvelle donne pourrait déboucher sur une alliance a priori contre-nature entre CDU et les Verts. Berlin, où Klaus Wowereit s’appuie déjà sur une coalition "rot-rot" devrait donc rester le seul gouvernement régional où Die Linke sont présents. Prochaine épreuve de taille à l’horizon pour Die Linke : les élections régionales en Bavière à la fin de l’année. Sébastien VANNIER (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 3 mars 2007
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