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Reporters Sans Frontières a publié récemment son rapport annuel sur la Liberté de la Presse et les conditions de travail des journalistes dans le monde. L’Egypte est une fois de plus épinglée Photos : Reporters sans frontières DR, rapport 2007.
Selon l’Arabic Network For Human Rights Information, la présence de l’Etat d’urgence – toujours en vigueur depuis 1981 – de nombreuses lois restreignant la liberté, et plusieurs affaires en justice, ont fait de 2007 "la pire année depuis 1952 » en ce qui concerne la Liberté de la presse en Egypte. Il rajoute également dans son rapport que « les journalistes, écrivains, blogueur, payent un prix très élevé pour la liberté d’expression fournie par le gouvernement"
Réformes restrictives Des réformes constitutionnelles autorisent désormais les autorités à agir comme bon leur semble, en leur permettant d’arrêter des personnes soupçonnées de terrorisme, de fouiller leur domicile, surveiller leur correspondance et mettre leurs communications sur écoutes sans mandat judiciaire. De plus, en septembre, quatre rédacteurs en chef ont été condamnés à des peines de travaux forcés pour "diffusion de fausses informations ayant nui à la réputation et à l’intérêt général du pays" et "diffamation", et à une amende de 20.000 livres (2 600 euros) alors qu’ils ne faisaient qu’évoquer l’état de santé du président. Une dizaine de journalistes ont également été traduits devant la justice pour atteinte à "l’intérêt général du pays", à "la sécurité nationale", ou encore au "prestige de la justice" parce qu’ils gênaient certains membres du PND. Le gouvernement n’est d’ailleurs pas le seul à limiter la liberté de la presse puisque plusieurs fatwas prononcées par un cheikh de la mosquée El Azhar demandent à ce que les journalistes coupables de diffamation puissent être punis de 80 coups de fouet.
Blogs sous surveillance Internet n’est pas en reste et souffre aussi beaucoup. En février 2007, le blogueur Abdel Nabil Suleiman, dit "Kareem Amer", a été condamné à quatre ans de prison pour avoir "incité à la haine de l’islam" et insulté le président Hosni Moubarak. Devenu le symbole de la répression du gouvernement sur la Toile, de nombreuses ONG telles que RSF ou Amnesty International ne cessent de réclamer sa libération auprès du gouvernement égyptien. Un autre blogueur, Waël Abbas, avait vu, lui, ses comptes fermés – puis réouverts sous les pressions – par Yahoo et Youtube. Les vidéos postées sur son blog ont récemment contribué à faire condamner pour la première fois deux policiers pour torture. Benjamin PRINGUET (www.lepetitjournal.com - Le Caire) Vendredi 7 mars 2008 Pour plus d’infos, voir les sites de RSF ou de HRI. |