Jeudi, 31 Mai 2012
Toujours passionnée de relations familiales, Blanche entend les souffrances du peuple putéolien (de Puteaux) embarquémalgrélui dans une déchirante guerre père-fille. Ça saigne àla mairie

On t’a reconnu Charles Ceccaldi, c’est toi JR Ewing ! (photo AFP)

Tel père, telle fille dit-on. À voir les relations Claude/Jacques Chirac, Marine/Jean-Marie Le Pen, on constate la délicatesse du lien filial en politique. Mais ce qui se passe en ce moment àla mairie de Puteaux dans les Hauts-de-Seine semble autrement grave.
Reprenons. L’ancien commissaire Charles Ceccaldi-Raynaud, maire de la chatoyante commune depuis 1969 a eu l’an dernier des pépins de santé. Comme toute sa tête lui rappelait sans doute les doux temps de la Monarchie, il s’est dit qu’il fallait conserver son sang sur le trône : "Il appartient àun autre d’assumer la suite.... J’ai préparéma fille." a-t-il expliquéalors àses administrés en prenant la route de l’hôpital. Après avoir étéélue par un conseil municipal ému, sa fille Joëlle a donc pris les règnes putéoliens. C’est bête, je sais, mais une désignation pareille me fait rire àtous les coups. Je dois me contenir pour ne pas en abuser.
Reconnaissante, la fille laisse àson père chéri le titre d’adjoint àl’urbanisme, aux finances et au personnel municipal. Malgréla noblesse du geste, le prince Charles du haut de ses 80 ans fait montre d’une saisissante ingratitude. À peine remis sur pattes, il veut reprendre tout l’espace qu’il considère sien. Casse toi de làJojo que je m’y remette dit-il en substance.
Collier de nouilles
Entre deux, évidemment la descendante de 54 ans a pris goût aux affaires de la ville qui lui semblent bien plus trépidantes que celles de son salon notarial, et au pouvoir aussi. Malicieuse, elle a déjàfait chanter Sarko soi-même au moment de lui de rendre son fauteuil de député. Aguerrie par ce précédent succès, elle ne veut pas rendre la couronne àPapa qu’elle trouve bien malade… Il faut dire que Charly n’y va pas de main morte : il la traite publiquement de grosse nulle et d’incapable. D’après lui, qui au terme de 35 ans de couronne doit s’y entendre un minimum, elle se la pète àmort, et ceux qui la soutiennent ne sont rien d’autre que des collabos.
"Taisez-vous quand je parle ! Vous n'avez pas le droit de me couper la parole !"jette au conseil municipal un Charles bien marri àsa fille qui en rit : "Mais je ne vous coupe pas la parole, cher Monsieur, continuez de vous exprimer."
L’assassine courtoisie ne saurait faire oublier que Puteaux est la ville oùil fait bon vivre comme l’annonce le site officiel de la ville. On imagine bien en effet l’ambiance souriante des couloirs de la mairie...
B.B. (LPJ) 10 octobre 2005