Diplômé de l'Ecole Centrale de Lille, Eric a choisi d'entrer dans la vie active par la porte du Volontariat International en Entreprise (VIE). Après une échappée étudiante à Copenhague, le jeune ingénieur français travaille à Berlin et a expliqué au Petit Journal les avantages d'un statut encore mal connu
Eric, à mi-chemin entre le monde du travail et les voyages étudiants (photo M.N.)
Eric vient juste de rentrer d'un voyage en Inde. "Trois semaines pour suivre l'avancée d'un projet dans lequel je suis impliqué", raconte-t-il. Visiblement, voyager ne lui fait pas peur. Après avoir validé son diplôme d'ingénieur au Danemark, où il a passé deux ans, le jeune Français a choisi de commencer sa vie professionnelle à Berlin. "Quand j'ai obtenu mon diplôme, j'ai tout de suite orienté ma recherche d'emploi vers le VIE, je voulais vraiment partir à l'étranger", explique Eric.
Le VIE c'était aussi une voie médiane, entre plongée dans la vie active et prolongement des voyages estudiantins. "Je voulais découvrir l'étranger avec un autre statut que celui d'étudiant", confie Eric, "et aussi entrer dans le monde du travail... Mais sans me "caser" pour autant". A 25 ans, difficile de s'engager pour les quarante prochaines années de sa vie, sitôt son diplôme obtenu... Le contrat VIE dure entre 6 et 24 mois. Le temps de réfléchir un peu avant de signer un CDI une fois de retour en France.
Savoir se vendre Professionnellement, Eric ne doute pas des bienfaits du VIE. Employé depuis 1 an par l'entreprise Veolia, il travaille à l'élaboration de nouvelles techniques d'alimentation en eau potable, aussi bien pour le Centre de compétences des eaux de Berlin que sur des projets à destination des pays en développement. Pour le jeune ingénieur, son statut lui permet d'avoir des responsabilités qu'il n'aurait peut-être pas eues en France. "Tous les VIE s'effectuent dans des filiales d'entreprises françaises, explique Eric, et, même s'il s'agit de grandes entreprises, les équipes sont plus réduites, ce qui donne la garantie de participer réellement aux projets et aux objectifs de la structure. J'ai l'impression de faire mes preuves plus rapidement". "Le VIE n'est pas un stage de fin d'études, poursuit-il, cependant il n'est pas rare qu'ayant formé quelqu'un pendant parfois 2 ans, l'entreprise décide de l'embaucher par la suite. Si les entreprises font des demandes de VIE, c'est qu'elles ont des besoins". Le contrat d'Eric prend fin cette année, mais le projet sur lequel il travaille s'étend jusqu'en 2010. "Si tout va bien, je suis encore à Berlin pour 2 ans !" sourit-il. Ce qui n'est pas pour déplaire au jeune ingénieur : "La mobilité, ce ne peut être qu'un avantage, montrer que l'on sait s'adapter, c'est de plus en plus important. Et puis Berlin est à la fois une ville portée vers l'Est et une capitale européenne, et le contexte franco-allemand est également intéressant pour beaucoup d'employeurs". Eric est confiant. Et déterminé. Comme lorsqu'il a commencé à chercher un VIE : "Il faut un peu s'accrocher, avoue-t-il. Toutes les entreprises ne sont pas très au courant, il faut les démarcher, parfois même leur expliquer qu'elles ont droit à des avantages financiers avec le programme VIE". Les entreprises auraient-elles un temps de retard sur une jeune génération qui fait rimer mobilité avec facilité ? Marie NORRE. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mercredi 2 avril 2008