| Ecrit par Thomas DESMAISON,
le 06-03-2008 23:00
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Foyer de résistance artistique et colorée, le Karmanoïa bar ouvre ses portes deux soirs par semaine aux amateurs de jolies découvertes. Visite guidée d’une perle de créativité en plein Neukölln
Le bar va-t-il devoir fermer ses portes? (photo. Karmanoïa Bar)
Près d’Hermannplatz, vous pouvez aperçevoir une devanture sans nom avec entrée libre. Passé un hall à lambris usés, la musique vous attire dans un petit escalier en bois puis un couloir. Là, il ne reste qu’un rideau entre la musique et le visiteur. L’atmosphère est gonflée d’effluves de bières et de cigarettes.Quant à l’espace, il est rare, et la clientèle est jeune et hétéroclite. La décoration oscille entre gothique lumineux et chatoyant, et Moyen-Age revisité, comme une antre de passionnés des marchés aux puces, un Alice au pays des merveilles réinventé. Lewis Caroll est encore plus présent dans la salle de concert/théâtre, un étage plus haut. Là, un orchestre venu de Roumanie s’est installé.
"Gute Reise" Mais la véritable partie voyage au pays des merveilles dont s’inspirent les créateurs du Karmanoïa Bar reste le Labyrinthe. Le ticket coûte 4 euros au bar et il faut attendre : on ne peut y pénétrer que toutes les dix minutes, individuellement. Enfin, nous sommes guidés deux étages au-dessus, devant un nouveau rideau. Cet itinéraire un peu irréel dure une vingtaine de minutes. Le Labyrinthe ne semble pas immense dans ses dimensions, mais souligne la virtuosité de ses constructeurs. Pas de Minotaure dans ce dédale de tissus, cartonnages, séquences sonores et visuelles, mais un assemblage de créations plus qu’étonnantes.
Un univers carollien menacé Le Karmanoïa Bar existe depuis sept ans. Une quinzaine de fidèles s’active afin de prolonger une aventure très alternative, une mise en commun d’idées nouvelles, menacées par le rachat récent du bâtiment par des particuliers n’ayant pas prévu d’héberger une telle frénésie entre leurs murs. "Il est clair que le quartier n’a pas beaucoup d’endroits comme le nôtre à offrir, explique le barman. Le bouche-à-oreille est efficace. Mais on va quand même être obligé de fermer". Pas de tristesse pourtant et sourire gravé sur le visage de ce personnage haut en couleurs. La présence du Karmanoïa Bar, au cœur d’un quartier délaissé par les projets culturels, reste une trace tangible de l’esprit créatif berlinois que les étrangers recherchent. Il ne reste plus qu’à espérer un accord à l’amiable, à deux pas de la Karlmarxstrasse. Thomas DESMAISON. (www.lepetitjournal.com) vendredi 7 mars 2008
Karmanoïa Bar, Mainzerstrasse 5, Berlin Neukölln, ouvert jeudi et samedi, à partir de 20h
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