| Ecrit par Elise Graton,
le 27-02-2008 23:00
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Le pianiste hollandais Yvo Verschoor présente une fois par mois, au Theaterbar de Berlin, une sélection inédite de films muets. Sa touche personnelle: la musique. Ce soir, il improvise sur l'avant-garde française des années 1889-1929 Yvo Verschoor à l'improvisation (Photo. www.yvoverschoor.nl)
Yvo Verschoor a étudié le piano jusqu'en 1994 au Conservatoire Royal de La Haye, se spécialisant dans le jazz et l'improvisation, et dès 1992, dans l'interprétation de films muets. Ceci le conduit à devenir pianiste attitré au Musée du Cinéma à Amsterdam, à la Maison du Film à La Haye et au Lantaren/Venster à Rotterdam. Il en profite pour fouiller les archives de ces institutions, regorgeant selon lui de trésors rarement voire jamais montrés. Il commence alors sa sélection, à mettre les films qui l'interpellent en relation et à forger différents programmes dont il improvise la musique sur son instrument, un piano Bluethner fabriqué en 1897. Depuis l'année dernière, ce singulier Hollandais d'une quarantaine d'année se produit également à Berlin.
LPJ : Yvo Verschoor, d'où vous vient cette passion pour l'interprétation de films muets ? Yvo Verschoor : Improviser sur les images d'un film me donne des idées que je n'aurais pas autrement. C'est un défi constant qui m'inspire. J'aime traduire les images en musique et donner ainsi une interprétation toute personnelle de ce qui se passe sur l'écran. Les vieux films m'intéressent particulièrement car le rythme du récit y est beaucoup plus lent que dans les films modernes. Cela laisse à la musique infiniment plus d'espace pour se développer.
Que dites-vous aux gens qui considèrent votre art comme désuet ? Venez m'écouter ! Ce que je joue, se passe ici et maintenant. Je construis certes un pont entre aujourd'hui et l'époque où il était usuel d'accompagner les films en direct avec un instrument. Mais mon but premier n'est pas de remettre ces vieux films dans leur contexte historique. Il s'agit plutôt pour moi d'en montrer aux gens la beauté, de les ressusciter en quelque sorte.
Ce soir, au Theaterbar, vous improviserez sur des films français des années 1889 à 1929. Qu'ont-ils de spécifique ? Le cinéma est né en France à la fin du XIXème siècle grâce aux frères Lumière. A cette époque balbutiante du désormais septième art, Gaumont, Pathé et bien d'autres ont produit grand nombre de films présentant parfois des séquences assez inhabituelles. Mon programme intitulé Cinéma Brut, propose un choix de sujets vraiment étranges, dont des grands classiques tels qu'Entr'acte, de René Clair, et Un chien andalou, de Luis Buñuel, tournés respectivement en 1924 et 1929. On s'aperçoit entre autres à quel point les acteurs étaient parfois maltraités ! Mais surtout, à cause des limites techniques de l'époque et d'un emploi tout particulier de la caméra, ces films montrent une réalité qui peut faire mal à voir, qui peut choquer. Alors que cela n'était pas forcément l'intention originelle. Elise GRATON. (www.lepetitjournal.com/berlin.html ) jeudi 28 février 2008 Cinéma Brut, ce soir à 20 heures, au Theaterbar, Chausseestr.35, Berlin-Mitte. Pour en savoir plus Site d'Yvo Verschoor : www.yvoverschoor.nl Site du Theaterbar : www.theaterbar.de
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