|
TÉLÉ - La Roumanie vue par TF1 |
| Ecrit par Jules Ravaud,
le 27-02-2008 00:00
|
|
La semaine dernière, une équipe de journalistes de TF1 est venue en Roumanie pour faire deux reportages, en quatre jours. L’un dans la région de Timis sur les familles de Roms qui ont bénéficié de l’aide au retour de 3.600 euros accordée par le gouvernement français. Et un deuxième en Moldavie sur les abandons d’enfants. Récit
Un caméraman, un preneur de son et un journaliste, formation classique d'une équipe de reporters télé (photo images.google.com)
À l’aéroport de Timisoara, on ne peut pas les louper. Ils sont trois, la journaliste, le caméraman et le preneur de son, et poussent un chariot archi plein : Caméra, banc de montage, trépied, chargeur, micro et sacs de voyage. Le petit van de location sera juste assez spacieux. Sur la route qui mène au centre ville, la journaliste s’adresse à son équipe : "Vous savez qu’on est dans le pays le plus pauvre d’Europe !" La mission du jour est de trouver des familles de Roms tout juste rentrées de France avec la fameuse aide au retour du gouvernement français. Le caméraman et le preneur de son sont plutôt calmes. La journaliste, elle, est bien plus stressée. Elle a "vendu" ces deux reportages, il faut donc absolument enregistrer des témoignages. En fin d’après-midi, ils trouvent une famille bénéficiaire de l'aide. Le cas est intéressant mais personne ne veut parler devant la caméra. Trois quarts d’heure de négociations n’y font rien. Retour à l’hôtel bredouille. Le lendemain, dans un village environnant, des Roms acceptent de parler. Interviews et prises d’images s'enchaînent, ce sera peut-être le seul exemple à filmer. Sur le retour à Timisoara, la journaliste, satisfaite, change le programme : départ pour Iasi dès ce soir. Le billet d’avion, prévu pour le lendemain, est avancé, l’interview du préfet de la région de Timis passe à la trappe.
Deuxième reportage Le lendemain, la journée débute par une rencontre avec le personnel de la maternité de Vaslui. La directrice de l’hôpital est fière de montrer ce service entièrement rénové et d'affirmer que le nombre d’abandons diminue chaque année. L'équipe s’attendait à quelque chose de plus… dégradé. Tant pis. L’après-midi, départ pour un village particulièrement pauvre, à plusieurs kilomètres d’une route goudronnée. Des interviews de femmes ayant abandonné leur enfant, suivies par les services de la protection de l’enfance, sont déjà programmées. Dans la voiture, la journaliste lâche : "J’ai lu quelque part que la Moldavie était la région la plus pauvre de Roumanie." Retour à Bucarest pour le dernier jour de reportage. Il faut absolument aller dans les quartiers de Roms pour montrer comment "ces gens-là" vivent en Roumanie. On choisit le quartier de Ferentari, parfait pour filmer la misère. Le dépaysement est total. La journaliste finira son reportage par un "plateau" (conclusion micro à la main devant la caméra) au milieu d’un terrain vague avec en toile de fond la Maison du Peuple. "Ici, en Roumanie" seront ses derniers mots. Mission accomplie pour le prochain 20 heures. Jules Ravaud. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 27 février 2008
|