| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 26-02-2008 00:00
|
|
Symbole de l'inflation des produits de consommation courante, le yaourt a pris jusqu’à 48% d’augmentation en à peine trois mois. Alors que les prix des produits de base flambent, fournisseurs et distributeurs se rejettent la responsabilité. En attendant, les ménages trinquent Les yaourts bientôt un produit de luxe ? (photo AFP)
En plein débat sur le pouvoir d'achat, les révélations du mensuel 60 millions de consommateurs font l'effet d'une bombe. L’édition de mars du magazine à paraître aujourd’hui dénonce en effet les prix de l’alimentaire dont les compteurs s’affolent. Entre le beurre, les yaourts, les pâtes, les céréales, les biscottes, le riz, bref les aliments de base, les tarifs se sont envolés de 5 à 48%. Au total, environ 200 références affichent des augmentations de plus de 10% entre novembre et janvier ! Or ces produits de première nécessité sont ceux qui remplissent le plus les chariots… Le député UMP Yves Jégo en a appelé au Conseil de la concurrence. Fournisseurs et distributeurs sont suspectés de répercuter plus que nécessaire la hausse des prix des matières premières sur les produits agro-alimentaires. Le lait augmentant de 30% à la production aurait dû provoquer une hausse de 10% des yaourts. Certains ont finalement augmenté de 40%. Action réaction Pour Jérôme Bédier, président de la fédération des entreprises, du commerce et de la distribution, l’augmentation des prix a déjà été différée de plusieurs mois. Il n’y a plus d’autre issue à présent que de la répercuter aux consommateurs. Michel-Edouard Leclerc, patron des magasins éponymes, a enfoncé le clou. Selon lui cette hausse va se poursuivre à un rythme de 4% par mois pendant le reste du 1er trimestre 2008. Pour contrer ces mauvaises nouvelles, le Premier ministre François Fillon est passé à l’action en réunissant hier ses troupes de choc : Christine Lagarde, ministre de l’Economie, Michel Barnier, ministre de l’agriculture, et Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation. La loi de ce dernier qui doit entrer en vigueur le 1er mars est très attendue. Elle doit permettre aux distributeurs de restituer aux consommateurs les marges arrière, soit les avantages commerciaux et les promotions que les distributeurs obtiennent de leurs fournisseurs, sous forme de baisse des prix. De quoi faire de nouveau le beurre des ménages ? Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mardi 26 février 2008 En savoir plus Le Figaro - La France, pays de prix élevés Les Echos - Leclerc prédit une hausse des prix de l'alimentaire "d'à peu près 4%" par mois au premier trimestre 2008 Europe 1 - Flambée des prix : "On ne peut pas l'accepter" pour Chatel LCI - Alimentation : Pâtes, beurre, céréales... les prix flambent
|