| Ecrit par Margot Reis,
le 04-03-2008 23:00
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Dans la Wohlwilltrasse, au cœur du Schanzenviertel, deux jeunes créateurs redonnent vie aux objets de récupération en les détournant de leur usage. Reportage au royaume de l’improvisation L'art de la récup' au Lockengelöt (photo M.R.) De l’extérieur, la façade du magasin Lockengelöt attire par son enseigne étrange. Pour cause : même la police d’écriture fantaisiste est une invention des deux compères tenant le magasin, Carsten Trill et Dennis Schnelting. "L’idée était d’ouvrir un magasin en dehors d’une société où l’on jette tout", explique Carsten. "Nous voulions donner une nouvelle vie aux vieux objets".
D’un bidon d’huile à une commode Une machine de leur invention entreposée dans la cave leur sert à plier des disques vinyles à l’aide d’un sèche-cheveux pour en faire des sacs à main, des horloges ou des saladiers. Comme celui pour lequel vient de se décider Krishan, qui l’offrira à des amis qui viennent d’emménager. Entre les mains de Carsten et Dennis, des bidons d’huile récupérés à la décharge du port se transforment une fois retapés en commodes très originales. Un séchoir à permanente ou un aspirateur modèle 1940 deviennent des lampes. "Les gens âgés sont contents de revoir des objets avec lesquels ils ont parfois travaillé", explique Carsten. Des figurines en plastique tirées d’un babyfoot reconverties en tire-bouchons ou en décapsuleurs complètent la panoplie du parfait petit recycleur d’objets. Concession au lieu, le maillot à tête de mort en tissu "FC Sankt Pauli" est en option pour deux euros supplémentaires. Une armoire frigorifique trouvée dans la rue sert de vitrine pour des sacs à mains faits à partir de ceintures de sécurité ou de housses de siège de voitures, cousus par une voisine. Lockengelöt revend ses propres produits à d’autres boutiques allemandes et suisses et propose d’autres trouvailles exotiques à l’intérieur de la boutique. Un effet de surprise L’envie de fabriquer quelque chose soi-même a donné l’idée de départ pour le magasin. L’effet de surprise observé chez les visiteurs devant des objets détournés a fait le reste. Dennis, celui qui sait tout faire, est un ancien électricien. Carsten est responsable de la partie commerciale et graphique de l’aventure. Le troisième larron est aujourd’hui parti vers d’autres horizons. Les prix de Lockengelöt sont habituels pour un magasin conceptuel : comptez 15 euros pour un saladier-vinyle ou un décapsuleur-joueur de babyfoot, 59 euros pour une horloge et 89 euros pour un sac à main. "On récupère beaucoup de choses sur les marchés aux puces", explique Denis. "Les gens nous offrent des vinyles. On garde les bons disques, on plie les autres", ajoute Carsten. Les deux amis, qui habitent à quelques mètres de distance, sont eux-mêmes collectionneurs et jouent ensemble dans un groupe. "Nous faisons des choses à partir de déchets que les gens veulent de nouveau avoir ensuite. C’est un sentiment agréable !" s’exclame Dennis. "L’improvisation, on aime". Margot REIS. (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) vendredi 29 février 2008 Y aller : Lockengelöt Wohlwillstrasse 20. Hamburg Sankt Pauli
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