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Des fatwas dernièrement émises soit par le mufti Ali Gomaa ou d’autres dignitaires religieux ont soulevé une polémique. S’agit-il vraiment de fatwas visant à donner l’avis religieux sur une quelconque question, ou bien de fatwas à visée politique. Comme celle émise après l’arrestation de journalistes condamnant ces derniers pour diffusion de fausses informations conduisant à la scission. Ou encore la fatwa estimant qu’un conducteur n’est pas considéré comme un assassin si des personnes se placent délibérément devant son véhicule pour se suicider ; fatwa émise après qu’une femme soit décédée sous les roues d’un véhicule de police.
Vie quotidienne et fatwa Le journaliste Fouad Atallah a jugé impératif la présence de référence aux fatwas. “Il ne faut pas pousser les choses à l’extrémisme, notamment que la religion islamique incite à la lecture ; précisant que le premier verset coranique a commencé par le mot “Lis”. Une autre fatwa émise par l’imam Izzat Attiyah, autorisant une femme à allaiter son collègue de bureau afin d’interdire tout rapport sexuel, a provoqué un tollé général. Bien que le Haut Conseil ait suspendu l’imam de ses fonctions, considérant que « l’imam Attiyah a commis une grave erreur en violation avec l’esprit de l’islam et de l’éducation saine », la fatwa a montré du doigt la gravité de certaines fatwas. Photo Safaa Ismail : Al Azhar, siège des autorités religieuses au Caire Les fatwas "punitives" Les fatwas comportent parfois des visées économiques, comme celles appelant au boycottage du réseau de téléphonie mobile “Mobinil“ de Naguib Sawiris, après que ce dernier ait trouvé une ressemblance entre les rues du Caire et celles de Téhéran, vu la propagation du voile. Le chef de la commission des affaires religieuses à l’Assemblée du peuple, Dr Ahmad Omar Hachem, a annoncé que toutes les fatwas récemment émises par Dar El Iftaa seraient déférées au Complexe des Recherches islamiques pour attester de leur justesse. Il a ajouté que “Dar El Iftaa” avait pris cette décision suite à la propagation du phénomène du “chaos des Fatwas”. Lors d’une réunion consacrée à l’examen de la fatwa, selon laquelle les émigrants clandestins qui périssent en tentant de rallier l’Europe ne sont pas des martyrs, mais ont perdu la vie par leur cupidité, M. Hachem a insisté sur la nécessité de lutter contre les fatwas “illégitimes”; notamment suite aux divisions sur cette fatwa même sur la scène religieuse, lorsque le chef du comité des fatwas de l’instance, Abdel Hamid El Atrache, a affirmé : “ce sont des martyrs car Dieu nous ordonne de sillonner la terre à la recherche de notre gagne-pain et est un martyr toute personne morte pendant cette quête”. Safaa ISMAIL (www.lepetitjournal – Le Caire) Mardi 4 mars 2008.com |