| Ecrit par Valéry LEFORT,
le 25-02-2008 00:57
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Battus par de solides Anglais (13-24) lors du troisième match du tournoi des VI Nations, les nouveaux Bleus ont, sauf en mêlée, affiché de formidables promesses
Heymans et les Bleus se sont heurtés au mur anglais (photo AFP) Quel match ! Quelle intensité ! Il y a bien longtemps qu’un France-Angleterre n’avait soulevé autant d’enthousiasme. Bien sûr, avec ce revers, la France peut faire une croix sur ses rêves de Grand Chelem. Bien sûr, ceux -et ils sont nombreux- qu’une défaite contre les Anglais horripile au plus haut point trouveront qu’après le couac en demi-finale du Mondial en octobre, la coupe est décidément pleine… Si on s’arrêtait à ce simple constat, au score et à ce fichu réalisme anglais plus froid que la banquise, le bilan aurait assurément de quoi faire frémir pour l’avenir. Or justement, ce que ces jeunes pousses ont montré face aux vice-champions du monde a vraiment de quoi réjouir les amateurs de rugby. Car les Bleus, les bien nommés, présentaient une charnière hallucinante sur le papier, formée de Morgan Parra (19 ans), François Trinh-Duc (20 ans), avec derrière eux un troisième ligne nommé Louis Picamoles, lui aussi âgé d’à peine 21 ans. Quant on sait ce que pèse l’axe 8-9-10 dans le rugby, il y a effectivement de quoi voir l’avenir… en rose. "On ne reviendra pas en arrière, on gardera cette conception du jeu", a d’ailleurs aussitôt prévenu le sélectionneur au coup de sifflet final. Principe de réalité Le nouveau style de jeu voulu par Marc Lièvremont est flamboyant, enlevé, haletant. Ceux qui portent aujourd’hui le maillot tricolore, y compris ceux qui jouaient sous l’ère Laporte, l’ont parfaitement compris. Et adopté. C’est beau et frais. Sauf que samedi, la France s’est heurtée au principe de réalité. Non, les jeunes n’ont pas craqué. Ils ont même souvent joué un rôle moteur. Mais les Bleus d’aujourd’hui n’ont pas une mêlée à la hauteur. Les errements apparus contre les Irlandais en fin de match ont explosé à la face des Bleus face à ce qui se fait sans doute de mieux devant dans l’hémisphère nord depuis dix ans. Marconnet blessé, de Villiers vieillissant, il faut tout reconstruire autour de Szarzewski au talonnage. Sans doute de nouveaux essais devraient être tentés contre l’Italie. A tous ceux qui s’étonnaient encore de ne pas voir figurer Emmanuelli sur le côté gauche de la mêlée, Lièvremont devrait cette fois faire un pas dans ce sens… Comme les Anglais avaient très intelligemment décidé de couper les montées des attaquants tricolores, avec des Rougerie, Clerc et Heymans très tôt pris dans la nasse, la France s'est retrouvée sans solution face à cette défense inversée. Faute, bien sûr, de pouvoir s’imposer devant. Car comme disent si bien les Anglais depuis toujours, "no scrum, no win". Pas de mêlée, pas de victoire. A méditer… Valéry LEFORT. (www.lepetitjournal.com) lundi 25 février 2008 France-Angleterre (14-23) France : un essai de Nallet (26’), deux pénalités de Para (49’) et Yachvili (74’). Une transformation de Traille (26’). Angleterre : deux essais de Sacket (6’) et Wilgglesworth (79’) ; trois pénalités (14’, 29’, 68’), un drop (64’) et une transformation (6’) de Wilkinson.
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