| Ecrit par Joris SABI,
le 25-02-2008 00:00
|
|
Le nord de l’Irak est depuis jeudi le théâtre d’affrontements entre l’armée turque et les indépendantistes kurdes du PKK. Cette offensive turque est le dernier épisode d’un conflit vieux de 25 ans L’armée turque a pris le contrôle de la frontière avec l’Irak (photo AFP)
“Les combattants du Kurdistan ne sont pas seulement 7.000 ou 10.000, ils sont des centaines de milliers. Ils sont partout (...) dans toutes les villes turques". Le chef militaire du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est clair : les Kurdes doivent se tenir prêts à la guerre. L’adversaire, sans surprise, est la Turquie, ennemi historique. La Turquie a entamé une offensive jeudi dans la partie du Kurdistan située au nord de d’Irak. Le but est de démanteler le PKK, parti indépendantiste. Depuis trois jours, les combats ont fait plus d’une centaine de morts, principalement du côté des rebelles. Le PKK et la Turquie sont en conflit armé depuis près d’un quart de siècle. Le parti fondé par Abdullah Öcalan réclame l’indépendance d’une région du sud de la Turquie, considérée comme faisant partie du Kurdistan. Celle-ci est majoritairement constituée de Kurdes arrivés massivement en 1984 suite aux massacres perpétrés par l’Irak de Saddam Hussein. Depuis, les combats font rage. La Turquie fâche la communauté internationale Alors qu’elle a reconnu l’indépendance du Kosovo il y a quelques jours à peine, la Turquie ne veut pas entendre parler d’indépendance du Kurdistan,. Elle a donc envoyé son armée anéantir le PKK. Mais cette initiative n’a pas plu à tout le monde. Et surtout pas à l’Irak, qui n’a pas forcément apprécié que son territoire, déjà très agité, ne serve de champ de bataille à un conflit extérieur. L’ONU et l’Union Européenne ont également rappelé le principe de respect des frontières. Washington a pris part à ces remontrances, mais plutôt timidement. Les Etats-Unis sont même accusés par le PKK de soutenir cette opération, mais aussi d’y prendre part activement, en fournissant des renseignements stratégiques à l’armée turque. Hier, alors que les combats ont fait 40 nouvelles victimes, les leaders du PKK ont appelé les jeunes Kurdes à "se réunir par groupes de deux pour brûler chaque soir des centaines de voitures et rendre la vie dans les grandes métropoles turques insupportable". Joris SABI. (www.lepetitjounal.com) lundi 25 février 2008 En savoir plus Le Figaro - La Turquie poursuit son offensive contre le PKK Le Monde - Attaqué, le PKK appelle les jeunes Kurdes à des représailles sur le sol turc Courrier international - Le PKK accuse les USA et appelle à la violence
|