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Alors que les banques américaines annoncent des pertes record, les banques brésiliennes ne se sont jamais aussi bien portées… Comment expliquer l’excellente tenue de celles-ci face à la crise ? Lepetitjournal fait le point
Enseigne de Bradesco, avenida Paulista © Laurent Guerinaud Photography
Citigroup, la plus grosse banque des Etats Unis a annoncé 10 milliards de dollars de pertes au quatrième trimestre 2007, le pire résultat affiché depuis sa création en 1812. Au même moment, Itaú annonce un bénéfice annuel de 8,5 milliards de réais, deux fois plus qu’en 2006. Bradesco, 1ère banque privée du pays a elle aussi annoncé 8 milliards de réais de profit et le résultat d’Unibanco a progressé de 97% en un an, atteignant 3,5 milliards en 2007. Ces trois établissements affichent une rentabilité* de 32% quand ce chiffre n’est respectivement que de 21,11% et 3% pour Lehman Brothers, Bank of America et Citigroup. Seule Goldman Sachs parvient à maintenir une rentabilité équivalente. Les valeurs en bourse de Bradesco et Itaú ont même dépassé pour la première fois cette année celles de Morgan Stanley et Merrill Lynch !
L’explication de ce succès est simple Elle réside dans le différentiel de croissance entre le Brésil et les autres pays du continent et de l’Europe. En effet, la faible croissance des ‘’pays développés’’ ne permet pas aux entreprises d’investir. Celles-ci empruntent donc peu, faute de projets à financer. Le faible volume de crédit a aussi incité les banques à se tourner vers des opérations risquées, comme les subprimes, pour maintenir une forte rentabilité… avec le résultat que l’on connait. Les banques brésiliennes, quant à elles, n’ont eu qu’à profiter de l’augmentation de la demande de crédit, liée à la croissance et à la généralisation du recours à l’emprunt. Elles ont pu profiter de cette forte demande pour augmenter leurs tarifs et n’accorder de prêts qu’aux emprunteurs solides, d’où une forte rentabilité et une excellente résistance face à la crise. L’impact de la croissance est évident quand on voit qu’une entreprise comme General Motors, dont la situation est critique aux États-Unis, et qui annonce 500.000 véhicules vendus au Brésil en 2007 (un record), et une croissance de 22%. Autre exemple : Coca-Cola progresse de 16% au Brésil, pour un résultat global de 6%. Ainsi, tant que la croissance se maintient, le secteur bancaire brésilien a de beaux jours devant lui ! Laurent GUERINAUD (www.lepetitijournal.com – São Paulo) mardi 4 mars 2008
* rentabilité = pourcentage de bénéfice en fonction des fonds investis : pour 100 euros investis, Itaú réalise un bénéfice de 32 euros
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