Les jeunes de 25 à 30 ans sont de plus en plus nombreux à rester vivre chez leurs parents après avoir terminé leurs études. Déjà identifiée en Europe, cette tendance observée dans le film Tanguy arrive aussi aujourd’hui au Chili
Tanguy, film événement d'Etienne Chatiliez sorti en 2001 en France incarne toute une génération de jeunes adultes qui tardent à partir de chez leurs parents
Le Chili fait désormais partie des pays où ces jeunes en âge de quitter le nid familial retardent leur départ. En 10 ans, le Chili a vu augmenter ses "Tanguy" de 21%. Ces jeunes que le film éponyme français dépeignait voici quelques années, comme refusant, par confort, de quitter la maison familiale. Le phénomène est mondial. Au Chili cette évolution trouve ses facteurs dans l'allongement des études et le recul de l’âge moyen du mariage. L’engagement matrimonial est passé à 31 ans aujourd’hui contre 26 ans en 1980 (En France en 2006 l’âge moyen du mariage était de 30 ans). A cela s’ajoute l’importance traditionnelle de la famille au Chili. Ici contrairement au film, les "Tanguys" ne sont pas mis dehors. Ce phénomène est même bien accueilli par une majorité des parents : 73% d’entre eux s’estiment heureux de vivre avec leurs enfants même s’ils ont plus de 30 ans. Maria José Jarpa Solar, 27 ans confirme : "Mes parents sont heureux avec moi à la maison, ils m’ont dit a plusieurs reprises qu’ils ne souhaitaient pas que je m’en aille". Si elle espère partir de chez ses parents dès que possible, elle reconnaît néanmoins que : "Tout le monde a des difficultés à s’établir les premières années, nos parents aussi ont eu à vivre ce processus ".
Economiser pour acheter Quant aux jeunes, et moins jeunes, concernés ils affirment que ce n’est pas une situation honteuse et que ce fonctionnement leur offre plus d’avantages que d’inconvénients. Beaucoup d’entre eux ont les moyens de se payer leur indépendance, comme Pablo Muñoz, 30 ans qui préfère "économiser et rester vivre chez ses parents jusqu’au jour où il pourra s’acheter son propre appartement" .C’est le cas de bon nombre d’entre eux qui préfèrent vivre chez leur parents et ne rien dépenser plutôt qu’une colocation qui entamerait leurs économies. Sans trop de surprise, en France comme au Chili les garçons sont plus nombreux à retarder le moment de leur indépendance. Si au Chili aussi ces chiffres ont augmenté en 10 ans (+ 41% pour les hommes), il n’en reste pas moins que filles et garçons sont à quasi égalité face à ce comportement. En France les résultats sont plus spectaculaires : les garçons sont deux fois plus nombreux à rester chez papa et maman que les filles, plus indépendandes. Il semblerait que les "Tanguys" retardent toujours un peu plus le moment de se lancer dans l’indépendance d’une vie en solo. Au Chili, l'étape transitoire entre la famille et le couple est souvent gommée. Lola Sorrenti (www.lepetitjournal.com Santiago) mardi 26 février 2008 |