| Ecrit par Betty RUBY,
le 26-02-2008 23:00
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Depuis plus de 30 ans, Michèle Debrenne est la seule Française installée en Sibérie où elle s’efforce de donner une image dynamique de son pays. L’enseignante-chercheuse est devenue une Sibérienne à part entière, avec un plus hexagonal - Lauréate des Trophées de la présence française à l’étranger qui seront remis au Sénat, le 1er mars dans le cadre de la Journée des Français de l’étranger dont lepetitjournal.com est partenaire
L’été de ses 18 ans, Michèle Debrenne hésitait entre un camp musical au Québec, ou une visite à des amis russes de ses parents. Comme le visa pour l’URSS est arrivé, la Parisienne qui venait de passer son bac option musique, s’est envolée en Sibérie. L’excellent accueil que lui ont réservé les gens a scellé à jamais son destin à l’Est. Elle est revenue faire un saut à Genève pour démarrer des études de traduction, et a enchaîné avec un stage de 4 mois à Moscou, histoire de finaliser son mariage. Elle est ensuite rentrée se fixer définitivement à Novossibirsk où après avoir soutenu deux thèses de linguistique, elle enseigne toujours le français langue étrangère et vit avec son second mari, Russe lui aussi. "Dans les années 70, s’expatrier en Russie c’était réellement partir sur une autre planète", dit-elle en rappelant que le courrier mettait entre 10 jours et 3 semaines pour parvenir à destination… Aussi a-t-elle d’abord cherché à devenir une Sibérienne comme les autres, avant de prendre conscience de ce qu’elle représentait en tant qu’unique Française installée dans la région.
Un parcours rayonnant À partir de là, elle s’est employée à faire connaître la France autrement que par les clichés de l’époque, via des références culturelles plus modernes que celles véhiculées par Edith Piaf ou la Tour Eiffel. En parallèle, elle accueillait chez elle les rares Français de passage, ce qui permettait à ses trois enfants de pouvoir discuter dans leur langue maternelle. Mais c’est aussi par le biais de l’Université que Michèle a contribué à rapprocher la France des préoccupations étudiantes, en initiant notamment des accords d’équivalence de diplômes des grandes écoles et universités françaises. Grâce à son intervention, Novossibirsk est entrée dans le réseau de l’Ambassade de France à Moscou, a ouvert une Alliance française et a créé un centre de ressources. Voilà plus de 30 ans que Michèle continue de trouver magiques les longs hivers, le froid et la neige : "Mon exemple personnel prouve tout aussi bien qu’on peut vivre et être heureux dans un pays qui n’est pas celui de sa naissance, mais qu’on peut également vivre en Russie sans éprouver le besoin de la quitter". Betty RUBY. (www.lepetitjournal.com) mercredi 27 février 2008 Lire aussi PORTRAIT - Yves Marre, le goût des autres et de l’exploit PORTRAIT - Trois mousquetaires de la comm à Kaboul PORTRAIT - Maryvonne Grunberg, la générosité tourangelle de Marrakech PORTRAIT - Louis-Paul Heussaff, un Breton né expatrié PORTRAIT - David Santandreu Calonge, passion Asie Le site officiel de la 2e Journée des Français de l'Étranger au Sénat
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