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EMPLOI - Où sont les maçons ?

Ecrit par Jules Ravaud, le 21-02-2008 00:00

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En pleine croissance, la Roumanie construit énormément. Mais les bras manquent cruellement. Attirés par des salaires plus élevés à l’Ouest, les ouvriers roumains partent depuis plusieurs années en Espagne, en France ou en Italie. Le gouvernement essaie de trouver des solutions

Chinois, Indiens ou Africains, ils peuplent de plus en plus les chantiers du pays (photo adevarul.ro)

Ce samedi, une bourse de l’emploi pour les Roumains d’Italie aura lieu à Rome. Plus de 8.500 postes seront proposés, dont 1.500 par des entreprises de construction qui feront le voyage depuis la Roumanie. Le reste constitue l’offre déjà recensée par l’Agence nationale pour l’occupation de la force de travail (ANOFM). "Plus de 4.000 emplois proposés par l’ANOFM seront destinés à des ouvriers qualifiés et hautement qualifiés et les salaires sont proches de ceux offerts par d'autres pays de l'Ouest" a assuré Ionel Muscalu, le président de l’ANOFM dans un entretien au quotidien Curierul National.
De son côté, Eugen Colceriu, président de la fédération syndicale FNSCM salue l’initiative mais reste prudent : "On attend de voir le résultat, cette bourse n'est pas grand-chose par rapport aux besoins réels." Désormais, pour palier au manque de main-d'oeuvre en Roumanie, certaines sociétés font appel à des travailleurs étrangers. Chinois, Indiens ou Africains, ils peuplent de plus en plus les chantiers du pays. Dernièrement, la presse faisait écho de l’arrivée de Bangladais.

Le salaire, nerf du problème
Les statistiques ne peuvent qu'être approximatives, mais Adriana Iftimie, directrice générale du patronat des sociétés de construction de Roumanie, estime qu’il manque aujourd'hui environ "300.000 travailleurs dans tous les domaines de la construction, de l’ingénieur à l’ouvrier non qualifié". Un chiffre peut-être exagéré mais qui montre bien la difficulté des sociétés de construction à trouver de la main-d'oeuvre. En 2008, la croissance de ce secteur est estimée entre 20 et 30%, voire 40% selon les fonds structurels européens reçus. Pour Eugen Colceriu, "si les patrons veulent rapatrier les ouvriers roumains d’Italie ou d’Espagne, ils doivent désormais offrir des salaires décents".
En fin d’année dernière, la fédération syndicale a négocié l’augmentation du salaire brut pour un ouvrier à 570 lei (environ 160 euros, Ndlr) pour 2008. "Les patrons nous ont promis de continuer les augmentations jusqu’à 900 lei (environ 250 euros) en 2009" ajoute Eugen Colceriu. Ce revenu reste cependant en dessous du salaire brut moyen roumain qui, selon l'Institut national des statistiques (INS), s’élevait à 480 euros en décembre 2007.
Jules RAVAUD. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 21 février 2008

Vos réactions (2)
Posté par max, le 21-02-2008 06:40
Et si
Et si les entreprises roumaines intégraient, dans leur com auprès des maçons expatriés, qu'à leur retour au pays on intègrera la sécurité au travail? Sur la plupart des chantiers du bâtiment ( et encore plus en travaux publics) les ouvriers sont sans casques et en tong ou en mauvais tennis. Quant aux échaffaudages n'en parlons pas. Idem pour l'organisation du travail ( sauf les grands chantiers comme les ponts de Baneasa). Et un travail de chien par le froid et la canivule. Heureusement les patrons ne déclarent pas les accidents du travail, les statistiques sont fausses. Mais quel dégâts cela doit faire ! La sécurité au travail, c'est le complément d'un salaire...
 
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Posté par Stéphane MEURET, le 21-02-2008 12:51
Notion de salaire décent
Je suis très étonné des propos tenus dans cette article et notamment conernant la notion de salaire décent. 
 
Fort du constat que la productivité des ouvriers roumains (Construction) peine à dépasser 30% de celles des pays d'Europe de l'Ouest (sans qualité ni sécurité), le salaire de la compétitivité est très en déça des valeurs annoncées. 
 
Un salaire vient rétribuer une contribution et une performance. Transposer les salaires dits "européens" sans transposer les exigences et les valeurs est une grave erreur dont nous verrons bientôt les conséquences.
 
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