| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 25-02-2008 00:00
|
|
Ville réputée pour être centriste, Lyon est passée à gauche en 2001 avec Gérard Collomb. S’appuyant sur un bilan plutôt favorable, le maire sortant part ultra favori. Pour faire face, Dominique Perben a rallié toute la droite lyonnaise Collomb-Perben, un face à face où tous les coups sont permis (photo AFP)
"Bienvenue dans la ville la plus au centre de France". A l’entrée de Lyon, ce message d’accueil aurait été valable jusqu’en 2001, date à laquelle Gérard Collomb a fait basculer la mairie à gauche de l’échiquier politique. Peut-être fatigués du consensus mou -et c’est vrai que Lyon est souvent décrite comme une ville qui bouge peu, les Lyonnais ont pu constater dès lors l’avancée de projets sur lesquels s’appuie Gérard Collomb pour renouveler son mandat. Aménagements des berges du Rhône, création du Vélo’v, construction de places de crèches et de logements sociaux, "plaine africaine" au Parc de la Tête d’Or, développement du tramway… Globalement les Gones sont satisfaits, les sondages successifs montrent une victoire écrasante du sénateur du Rhône sur son rival de l’UMP, Dominique Perben. Malgré le faible soutien de son parti -qui part perdant ?- l’ancien ministre des Transports lui ne s’avoue pas vaincu. La droite en force Dominique Perben reste au contraire droit dans ses bottes, sur la même ligne directrice du début de campagne : remettre en cause le bilan de son adversaire. Il ne manque donc pas de préciser que le tramway et les berges du Rhône ne sont que l’accomplissement de dossiers lancés par les prédécesseurs de Collomb. Et d’appuyer là où ça fait mal : le manque de propreté de la ville ou, pire, la promesse non tenue d’achever le tronçon ouest du périphérique lyonnais. L’engorgement des artères de plus en plus important pourrait bien peser dans la balance… Mais Perben, s’il est parvenu à rassembler l’ensemble de la droite lyonnaise, n’a pas réussi à empêcher le Modem, bien qu’au bord de l’implosion, de se constituer en liste autonome. Et en faisant cause commune avec la droite dure lyonnaise -millonistes, villiéristes, il pourrait se mettre à dos les centristes ralliés à sa cause, qui voient d’un mauvais œil ces rapprochements. Du coup, même avec 53% pour Sarkozy au second tour de la présidentielle, la bannière UMP pourrait faire triompher Perben. Dans ces cas là il faut en revenir aux basiques, le pouvoir d’achat notamment. Quand Collomb annonce encore plus de places en crèches, Perben parle d’une allocation municipale de garde d’enfants. Quand le maire sortant évoque l’augmentation des impôts locaux, il promet de ne pas y toucher pour les six années à venir et d’intensifier les partenariats public-privé… Encore 15 jours pour convaincre. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) lundi 25 février 2008 En savoir plus Lyoncapitale.fr - UMP, milloniste, villieriste, une alliance de fer sans gant de velours ! Libération - Municipales à Lyon : Michel Noir sort du bois et dénonce l'alliance entre Perben et les millonistes Le Point - Dossier "les municipales à Lyon"
|