| Ecrit par Benoit Soilly,
le 19-02-2008 23:00
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Pervez Musharraf a subi un grave revers aux élections législatives. Battu par les partis de Bénazir Bhutto, assassinée en décembre dernier, et Nawaz Sharif, le président pakistanais ne compte pourtant pas lâcher le pouvoir 
Pervez Musharraf s'accroche à sa tribune comme il s'accroche au pouvoir (AFP)La vengeance est un plat qui se mange froid. Pervez Musharraf l’a appris à ses dépens hier. Bénazir Bhutto et Nawaz Sharif ont pris leur revanche sur leur rival commun, le président. Une revanche posthume pour l’ex-Premier ministre pakistanaise, dont le parti est l’un des vainqueurs des élections législatives qui se sont déroulées hier et lundi. Assassinée deux mois avant ces élections, son ombre a plané sur le scrutin. Nawaz Sharif, leader d’un des deux partis d’opposition vainqueurs, renversé il y a 8 ans par Musharraf, signe lui son grand retour. Les résultats définitifs n’étaient pas encore connus hier mais c’est bien un cinglant revers qu’a subi le parti du président. Le militaire a d’ailleurs rapidement reconnu sa défaite. Pervez Musharraf qui sentait le vent tourné avait annoncé lundi que "quels que soient ceux qui gagneront les élections" il "travaillera avec eux de manière totalement harmonieuse". Fragilisé après cette déroute électorale, le président est dans une posture difficile mais espère encore sauver sa peau à la tête de l’exécutif pakistanais. La défaite de trop? Pervez Musharraf pourrait s’allier avec un des deux partis vainqueurs et désigner un Premier ministre issu de l’opposition. Pour l’instant la situation reste compliquée et le futur du Pakistan est bien incertain. Une solution pourrait pourtant résoudre ce casse-tête pakistanais. Dans le cas où deux tiers de l’Assemblée serait hostile à Pervez Musharraf, le président pourrait être contraint à démissionner. La presse pakistanaise a déjà demandé sa tête tout comme Nawaz Sharif. Le porte-parole du chef de l’État a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’une élection présidentielle et que Pervez Musharraf n’avait pas l’intention de démissionner. Seul pays musulman a détenir l’arme atomique, le Pakistan est un État clef dans la région sensible d’Asie du Sud-Est. Les Etats-Unis, alliés de Pervez Musharraf jusqu’à ces élections sont particulièrement attentifs à la nouvelle donne naissante. Ils ont déjà une raison de se réjouir de ces élections. Les partis islamistes ont été complètement étouffés par le reste de l’opposition et subissent une de leur pire défaite. Deux mois après l’attentat suicide dont a été victime Bénazir Bhutto, la démocratie semble retrouver des couleurs. Les Pakistanais espèrent que cette couleur ne virera pas au rouge sang. Depuis 2008, 150 personnes sont mortes sous les bombes des terroristes islamistes. Benoît SOILLY (www.lepetitjournal.com) mercredi 20 février 2008 En savoir plus : LCI : Musharraf reconnaît sa défaite Le Point : Musharraf ne s’en ira pas Le Monde : La presse pakistanaise appelle le chef de l’État à quitter la présidence
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