| Ecrit par Margot Reis,
le 20-02-2008 23:00
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Une école primaire de Hambourg supprime une heure de mathématiques par semaine pour la remplacer par une heure de jeu d’échecs. L’initiative doit permettre aux enfants âgés de 6 à 10 ans d’aborder les concepts mathématiques plus facilement "Nous sommes les enfants de la Genslerstrasse" : 180 têtes blondes assises plus ou moins sagement dans le gymnase de l’école de la Genslerstrasse, à Hambourg-Barmbek, entonnent l’hymne de l’établissement sous la direction du professeur de musique. Aujourd’hui est un grand jour : le programme "Schach statt Mathe" -"Les échecs au lieu des maths"- va être inauguré par un grand jeu d’échec, filles contre garçons. Les médias, accourus en nombre, sont restés perplexes devant le communiqué de presse : les écoliers vont-ils arrêter d’apprendre les tables de multiplication et autres savoirs mathématiques de base dispensés à l’école primaire ? Qu’on se rassure : quatre heures de cours de mathématiques traditionnelles sont toujours au programme, assure Björn Lengwenus, référent échecs de l’école. Les élèves d’un niveau plus faible y feraient même des progrès plus rapides grâce aux échecs. Une discipline "bonne à tout faire" La sénatrice à l’éducation Alexandra Dinges-Dierig est là pour soutenir le projet. "Grâce aux échecs, on apprend à calculer de tête avec une rapidité impressionnante", argumente-t-elle. La perception de l’espace et les capacités stratégiques se voient aussi sollicitées. Les joueurs doivent anticiper les coups de l’adversaire et réadapter en permanence leur comportement suivant le déroulement du jeu. Des enfants rarement concentrés plus de 20 minutes sur une leçon traditionnelle peuvent ainsi rester absorbés dans des parties complexes de plus d’une heure. Des travaux de l’université de Trier proclament que des classes-pilotes où les cours de mathématiques avaient été partiellement remplacés par des cours d’échecs remportent des résultats supérieurs à la moyenne nationale dans des disciplines comme les mathématiques, la lecture ou les capacités sociales. Même l’orthographe devrait s’en trouver améliorée, les élèves apprenant à regarder avec plus d’attention. Les "échecs scolaires" au programme Pour faire comprendre ce qu’il avance, Björn Lengwenus fait preuve de ses capacités théâtrales lors d’un sketch permettant de suivre le fonctionnement du jeu d’échecs en faisant appel à des monstres endormis et en comptant les boules de glace. Puis vient la démonstration proprement dite : Léa, 7 ans, affronte Lasse, 10 ans. A côté d’eux, Johanna défie le petit Uwe. Les enfants concentrés appuient à tour de rôle sur l’horloge à bascule, qui garantit un temps de jeu équivalent, sans avoir besoin de la regarder. Leurs camarades surexcités se lèvent pour observer le jeu et commentent les coups avec passion. Pour cette fois, Lasse et son camarade Uwe remportent la partie. "Toute l’Allemagne observe avec attention notre ville, afin de pouvoir commencer le plus vite possible avec des projets de ce type", assure Björn Lengwenus. L’école de la Genslerstrasse, à orientation sportive, a déjà remporté plusieurs fois le tournoi scolaire "Rive gauche contre rive droite de l’Alster". Hambourg compte à son actif la plus vieille association de joueurs d’échecs à l’école d’Allemagne, créée en 1956. Un comité "échecs scolaires" -sans mauvais jeu de mots- est même présent auprès du ministère de l’Education régional de la ville-état de Hambourg. Margot REIS. (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) jeudi 21 février 2008
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